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XV de France: Gourdon estime être "passé pour un con" contre la Nouvelle-Zélande

© AFP | Kévin Gourdon dans la salle d'interview à Auckland, le 14 juin 2018, deux jours avabnt le 2e test match du XV de France en Nouvelle-Zélande

AUCKLAND (AFP) - 

Le troisième ligne du XV de France Kévin Gourdon a estimé jeudi être "passé pour un con" samedi dernier contre la Nouvelle-Zélande à Auckland (11-52), où il a commis des erreurs défensives grossières.

"Il s'est loupé complètement", avait affirmé un peu plus tôt à la presse le sélectionneur des Bleus Jacques Brunel, alors que le Rochelais attendait son tour, à deux jours d'affronter de nouveau les All Blacks, à Wellington.

Où il débutera de encore (au poste de N.8 cette fois), le sélectionneur souhaitant lui donner une seconde chance, persuadé "qu'il va être capable de répondre ce week-end". "Il a une revanche à prendre, il est en est conscient. Je le vois là-bas donc vous lui poserez la question" a développé Brunel. Dont acte.

Q: Quand vous entendez le sélectionneur dire que vous êtes passé à côté du premier test, comment réagissez-vous ?

R: "Je le sais. Quand on est sur le terrain, on sait si on a fait un bon match ou pas. En l'occurrence, j'ai discuté avec Jacques et je lui ai dit +j'ai fait un match de merde, je le sais, tu peux me le dire, pas de soucis+. Après, c'est constructif. Il me redonne une seconde chance, je vais essayer de la saisir."

Q: Cela vous donne-t-il encore plus faim pour samedi ?

R: "Non, mais je pense que j'aurai un peu plus de pression. Je suis conscient d'avoir vraiment fait un très mauvais match. Etre de nouveau titularisé quand c'est le cas, tu es un peu en décalage. Donc il faut montrer maintenant."

Q: Fonctionnez-vous à l'orgueil ?

R: "Non. Mais comme tout monde: quand tu sors d'une prestation comme la mienne, forcément tu es orgueilleux. Tu as envie de montrer une autre image de toi. Car là concrètement, je suis passé pour un con. Et je n'aime pas ça."

Q: Avez-vous longtemps ruminé ce match ?

R: "Oui. Cela a été très compliqué en début de semaine, puis avec le temps c'est passé."

Q: Avez-vous déjà éprouvé ce sentiment ?

R: "Au niveau international, c'est la première fois. En club, ça m'est arrivé d'être un peu dans le dur en début de semaine à la suite de mes performances."

Q: Est-ce confortable d'avoir la chance de rejouer immédiatement ?

R: "Oui et non... Mais c'est une belle marque de confiance, ça permet d'être un peu mieux dans sa tête."

Q: Auriez-vous été au fond du trou si vous n'aviez pas enchaîné ?

R: "Non, car ça aurait été compréhensible. J'ai été mauvais, je ne joue pas le week-end d'après, c'est normal. Là, la tête va un peu mieux."

Q: Voir un joueur avec autant de recul sur ses performances est assez rare...

R: "Oui, je ne sais pas... Vous en êtes conscient, vous, quand vous faites des erreurs, non ?"

Q: Trouvez-vous des explications a posteriori ?

R: "Non, car ce sont des erreurs assez inhabituelles chez moi. J'étais un peu en colère contre moi-même car ce sont des choses que je ne tolère pas forcément chez les autres, et là c'est moi qui les fais. Donc ça m'a particulièrement touché. Des erreurs de ligne (défensive), monter sur le mauvais mec, en décalé... Je n'ai aucune explication."

Q: Au-delà du match de samedi, il y a l'impression que vous êtes rentré dans le rang en équipe de France cette saison, après des débuts tonitruants en 2016...

R: "Déjà, j'ai été blessé deux fois (lors du 2e test de novembre 2017 et en ouverture du Tournoi-2018, NDLR). Des blessures à la cheville, c'est assez casse-couilles pour revenir. Je n'ai pas pu enchaîner vraiment avec Jacques, dans ce nouveau système, ce nouveau projet. C'est un peu plus dur pour moi, comme ça a pu l'être avec La Rochelle cette année."

Propos recueillis en conférence de presse

© 2018 AFP