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Moyen-Orient

Muharrem Ince, le professeur de physique devenu le rival d'Erdogan

© Yasin Akgul, AFP | Muharrem Ince le 23 juin 2018 lors d'un meeting à Istanbul.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/06/2018

Choisi pour représenter le Parti républicain du peuple, Muharrem Ince, un ancien professeur de physique, a créé la surprise lors de cette campagne électorale en Turquie grâce à sa pugnacité et son style combatif. Portrait.

Peut-il détrôner Recep Tayyip Erdogan ? Avec sa verve et sa pugnacité, Muharrem Ince est passé en quelques semaines du statut de trublion de l'opposition à celui de présidentiable capable de rivaliser avec l'homme fort du pays.

Député du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) depuis seize ans, il est, à 54 ans, la révélation de cette campagne pendant laquelle il est parvenu à galvaniser une opposition lassée par les victoires électorales successives de l'actuel dirigeant.

Cet ancien professeur de physique-chimie est quasi-assuré d'arriver en deuxième position, derrière Recep Tayyip Erdogan, lors des élections générales de dimanche 24 juin, et pourrait menacer le président turc dans un éventuel second tour, en ralliant autour de lui une large coalition.

Agitateur du Parlement

Avant ces élections, il était surtout connu pour être l'agitateur du Parlement, où ses discours passionnés et sa répartie cinglante sont régulièrement compilés en vidéos "best of", dont se délectent les internautes.

Ce sens de la formule, le député du CHP l'emploie désormais en rendant coup pour coup à Recep Tayyip Erdogan, arpentant les estrades manches retroussées et sans cravate.

Critiquant la dérive autoritaire du chef de l'État, il promet de lever "sous 48 heures" l'état d'urgence en vigueur depuis près de deux ans, de revenir à un régime parlementaire ou encore de ne pas gouverner depuis le pharaonique palais présidentiel à Ankara.

"Dans son palais, Erdogan boit du thé blanc et mange des œufs de caille", a-t-il lâché lors d'un meeting la semaine dernière. "Mais moi, mes frères, je mange les mêmes œufs que vous et je bois votre thé noir !"

S'il partage avec lui un style combattif, Ince affirme qu'il sera "tout le contraire" du président turc s'il était élu. "Depuis seize ans, il y a un Erdogan qui [divise] la société. Moi, je serai un président qui rassemble", a-t-il ainsi déclaré lors d'un récent entretien avec l'AFP à Yalova, son fief familial et électoral dans le nord-ouest du pays.

Très énergique

Né au sein d'une famille modeste, Muharrem Ince, qui est marié et père d'un enfant, se présente comme un homme proche du peuple, n'hésitant pas à danser ou à chanter selon la coutume locale de la ville où il fait campagne.

"Ses supporters aiment son style. [...] Il est très énergique et n'a pas peur des polémiques", souligne Emre Erdogan, professeur de sciences politiques à l'Université Bilgi à Istanbul.

>> À lire : Présidentielle turque : comment l’opposition a déjoué le blackout médiatique

Sa popularité auprès de la base du CHP s'explique aussi par le contraste qu'il offre avec le style plus policé du chef du parti, Kemal Kiliçdaroglu, un homme d'appareil sans grand charisme. Il a d'ailleurs tenté à deux reprises d'arracher la direction du CHP à Kemal Kiliçdaroglu, mais sans succès.

Champion du parti créé par le fondateur de la République Mustafa Kemal, Muharrem Ince s'efforce de séduire au-delà. Lors de son investiture comme candidat du CHP, début mai, il avait symboliquement ôté son badge de parti pour le remplacer par un drapeau turc. Ce message de rassemblement lui a permis de toucher au-delà de l'électorat social-démocrate et farouchement laïc du CHP.

Le député de Yalova a, en outre, multiplié les appels du pied en direction de l'électorat kurde, historiquement méfiant envers le CHP, qui a longtemps rejeté toute concession envers les minorités.

Après sa nomination comme candidat, Muharrem Ince a notamment rendu visite à Selahattin Demirtas, le candidat du parti prokurde HDP écroué depuis plus d'un an et demi.

Certains observateurs estiment qu'en désignant Muharrem Ince comme le candidat du CHP, Kemal Kiliçdaroglu entendait évincer ce député turbulent en lui faisant subir une humiliante défaite contre Recep Tayyip Erdogan.

>> À voir : Présidentielle turque : "Nous voulons du changement, un nouveau visage"

"Son succès a été une surprise pour tout le monde", relève le professeur Emre Erdogan. Le président turc "aurait sans doute préféré avoir quelqu'un d'autre en face de lui".

Avec AFP

Première publication : 24/06/2018

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