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EUROPE

Allemagne : la fin de la politique migratoire généreuse d'Angela Merkel

© John Macdougall, AFP | La chancelière allemande, Angela Merkel, le 28 juin 2018 au Bundestag.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 03/07/2018

L'accord entre Angela Merkel et son ministre de l'Intérieur, soucieux de réduire le nombre de demandeurs d'asile, prévoit de bloquer dans des centres de transit, les migrants ayant déjà entamé des démarches dans un autre pays de l'UE.

En apparence, Angela Merkel a remporté une victoire : sauver son gouvernement et rester au pouvoir. "L'esprit de partenariat dans l'Union européenne est ainsi préservé et, en même temps, c'est une étape importante pour ordonner et contrôler l'immigration secondaire. Voilà pourquoi je pense que nous avons trouvé un bon compromis après des négociations ardues et des jours difficiles", s'est-elle félicitée.

Mais dans les faits, la chancelière allemande a concédé d'importantes restrictions sur sa politique migratoire généreuse, qui date de 2015, consistant à ouvrir les portes de l'Allemagne à des centaines de milliers de candidats à l'asile. La dirigeante conservatrice, qui a fait l'objet d'une remise en cause sans précédent y compris au sein de sa famille politique, n'a pas eu d'autre choix que de lâcher du lest.

>> À lire : Berlin, Rome et Vienne veulent lancer un "axe de lutte contre l'immigration illégale"

"Camps d'internement de masse"

Désormais, les demandeurs d'asile arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans un autre pays de l'UE – soit la grande majorité d'entre eux – seront placés dans des "centres de transit" à la frontière avec l'Autriche en attendant leur renvoi vers le pays d'entrée en Europe.

Cette mesure a été qualifiée de "camps d'internement de masse", dans une référence au passé nazi de l'Allemagne, par Bernd Riexinger, un dirigeant de la gauche radicale allemande. Ce dernier a exhorté les sociaux-démocrates du SPD, troisième partenaire de la coalition d'Angela Merkel, de refuser.

Des points à éclaircir, pour le SPD

Pour la dirigeante du SPD, Andrea Nahles, il reste encore nombre de points à éclaircir. L'un des spécialistes des questions migratoires du parti, Aziz Bozkurt, a notamment fustigé des restrictions migratoires qui vont "totalement dans le sens" de l'extrème droite.

En principe, les renvois de migrants doivent s'opérer en accord avec les pays d'entrée et non de manière unilatérale par l'Allemagne. Mais si un accord ne peut être conclu, il est prévu de refouler les migrants vers l'Autriche, qu'il faudra convaincre.

Mardi matin, Vienne s'est déclaré prêt à prendre des "mesures pour protéger [sa] frontière sud" si le compromis entre partis allemands sur la politique migratoire devient effectivement la position officielle de Berlin. L'Autriche jouxte au sud l'Italie et la Slovénie.

Réunion au sommet

Le grand vainqueur reste, pour l'heure, le ministre de l'Intérieur, Horst Seehofer, qui a réussi à faire plier la chancelière, accusée de mener une politique trop centriste. Il espère ainsi résister à la percée de l'extrême droite et conserver sa majorité absolue lors des élections régionales en automne.

Pour Angela Merkel, il ne lui reste plus qu'à garder la face en tentant de restaurer son autorité et consolider sa fragile coalition gouvernementale. Une réunion au sommet des trois partis (CDU-CSU-SPD) est prévue mardi à 16 heures.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 03/07/2018

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