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À Paris, une exposition alerte sur la fragilité des récifs coralliens

© Alexis Rosenfeld | Un massif corallien sur cinq a déjà disparu et d'ici 2030, 90 % seront menacés de disparition, selon les scientifiques.

Texte par Alcyone WEMAËRE

Dernière modification : 07/07/2018

La quasi-totalité des récifs coralliens pourrait disparaître d’ici 2050. Pour sensibiliser à cet "enjeu pour l’humanité", une exposition, qui se tient tout l’été au siège de l’Unesco à Paris, incite à leur préservation.

"Mobiliser sur le beau." Voilà le parti pris du photographe français Alexis Rosenfeld qui souhaite alerter sur l’urgence à préserver les récifs coralliens. Après des dizaines d’heures de plongée dans les différents océans de la planète durant deux ans, le photographe expose, jusqu’au 30 août, 60 de ses photos sur les grilles du siège de l’Unesco, dans le 7e arrondissement de Paris.

© Alexis Rosenfeld

De magnifiques clichés de récifs coralliens pris en Égypte, à Mayotte, aux Philippines ou aux Maldives sur lesquels planent un danger : selon le rapport "Reefs at Risk Revisited" paru en 2011 et compilant des dizaines d'études supervisées par le centre de réflexion World Resources Institute, plus de 90 % des récifs de la planète seront menacés de disparition d'ici à 2030... Et presque tous le seront d'ici 2050. À l’heure qu’il est, 20 % des massifs coralliens ont déjà disparu et la moitié se trouve dans une situation critique, estiment les scientifiques. Signe de l’urgence, 2018 a d’ailleurs été décrétée"année internationale des récifs coralliens".

© Alexis Rosenfeld

"Deux phénomènes ont un impact majeur et parfois liés : le réchauffement climatique qui provoque un blanchiment des coraux et l’impact humain", explique Alexis Rosenfeld. L’impact humain ? Sur l’un des clichés de l’exposition, on voit un sac en plastique pris dans un récif.

La pollution constitue, de fait, une menace directe sur les coraux, de même que la pêche intensive, la navigation maritime, l'urbanisation et les rejets de dioxyde de carbone dans l'atmosphère qui acidifient les océans.

Mais il n’est pas seulement question dans cette exposition de beauté à préserver : si les massifs coralliens constituent un "enjeu pour l’humanité" comme le souligne l’intitulé de l’exposition, c’est parce qu’ils sont un élément essentiel du plus grand écosystème de notre planète : l’océan."Le corail c’est 0,2 % de la surface des océans, et ce 0,2 % contient 30 % de la biodiversité mondiale", souligne Alexis Rosenfeld.

© Alexis Rosenfeld

Ce n’est pas tout : en brisant les vagues, ils concourent à limiter l’érosion des bords côtiers. Les organismes récifaux sont même utilisés pour des traitements anticancéreux. Surtout, insiste Alexis Rosenfeld, "la vie d’un demi-milliard de personnes dans le monde dépend des récifs". Les eaux récifales sont en effet une source d’alimentation pour les millions de personnes vivant près des côtes, tandis que le tourisme généré par les massifs fait également vivre des millions de gens.

© Alexis Rosenfeld

Pour toutes ces raisons, 29 sites naturels marins abritant des systèmes de récifs coralliens sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Si la situation est grave, elle n’est pas sans espoir selon Alexis Rosenfeld. "Le corail a une capacité de résilience", explique-t-il. Ainsi, début juillet, la barrière de corail du Belize, deuxième plus grande au monde après celle d'Australie, a ainsi été retirée par l'Unesco de la liste du patrimoine en danger. Menacé par l'exploitation pétrolière, ce récif corallien avait été déclaré en danger par l’Unesco en 2009. Mais après un référendum informel organisé en 2012 dans lequel 96 % de la population du pays s'était exprimée contre la prospection pétrolière, le Parlement du Belize a voté, fin 2017, un moratoire sur cette exploitation offshore. Moins d’un an plus tard, cette barrière de corail d’une étendue de 380 kilomètres dans les eaux cristallines des Caraïbes est considérée comme hors de danger.

Exposition "Récifs coralliens, un enjeu pour l'Humanité": 7, place de Fontenoy, à Paris, 75007. Tous les jours jusqu’au 30 Août 2018 de 9h à 17h. Accès libre.

Première publication : 06/07/2018

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