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Violences urbaines en Haïti : les raisons d’une colère

© Hector Retamal, AFP | Une barricade de pneus enflammés dans une rue à Port-au-Prince, le 7 juillet 2018.

Texte par Jean-Luc MOUNIER

Dernière modification : 09/07/2018

Depuis vendredi, Haïti est secoué par un mouvement de protestation, après que le gouvernement a annoncé augmenter fortement le prix des carburants. Malgré le rétropédalage de l’exécutif samedi, la colère reste forte, sur fond de misère sociale.

La décision a mis le feu aux poudres. En annonçant, le 6 juillet, l’augmentation du prix des produits pétroliers à la pompe, le gouvernement haïtien a déclenché, en quelques heures, un mouvement de protestation qui durait encore le lendemain, malgré un rétropédalage de l’exécutif.

Ces violences urbaines ont causé la mort d’au moins deux personnes, selon des estimations de médias haïtiens. Le gouvernement ne s’est pas encore exprimé à ce sujet. Des véhicules ont par ailleurs été incendiés, des routes huilées “représentant des pièges mortels pour l’usager”, selon Le National, ainsi que plusieurs magasins pillés.

Durant le week-end, plusieurs compagnies aériennes, comme American Airline et Air France, ont dû annuler leurs vols, faute de personnel pouvant se déplacer jusqu’à l’aéroport Toussaint Louverture de Port-au-Prince.

Vendredi, le gouvernement haïtien avait annoncé un “ajustement du prix” des produits pétroliers, qui devait avoir pour conséquence une augmentation de 38 % du prix de l'essence, de 47 % pour le diesel et de 51 % pour le kérosène. Une mesure qui s’inscrit dans le cadre d’un programme de contrôle “couvrant la période de mars à août 2018” conclu en février dernier avec le Fond monétaire international (FMI).

Le gouvernement haïtien a notamment justifié l’augmentation des prix à la pompe par “des pertes enregistrées au niveau des recettes douanières et la nécessité de mettre fin à une subvention bénéfique aux plus riches”, explique le quotidien haïtien Le Nouvelliste. Sachant la mesure impopulaire, quatre ministres ont fait coïncider leur conférence de presse avec le quart de finale de la Coupe du monde de football auquel participait le Brésil, l'équipe la plus populaire en Haïti.

“Le gouvernement d’Haïti (...) s’est engagé à mener des réformes économiques et structurelles pour promouvoir la croissance économique et la stabilité et réduire la pauvreté (...). Cela comprendra des mesures visant à améliorer la perception et l’efficacité des impôts et à éliminer les subventions excessives, y compris sur le carburant", déclarait Chris Walker, chef de mission du FMI pour Haïti, au moment de la signature de l’accord entre l'État haïtien et l'instance internantionale.

Plus de la moitié de la population "dans une extrême pauvreté"

C’est à l’issue du match du Mondial vendredi que les troubles ont débuté à Port-au-Prince. Des personnes ont dressé de multiples barricades dans la capitale haïtienne, perturbant la circulation. Des voitures ont été incendiées et des groupes de personnes rassemblées dans certains points ont tenté d’organiser des manifestations spontanées, selon AlterPress. Au cours des dernières 48 heures, plusieurs personnes ont par ailleurs signalé des pillages, notamment de nourriture. Des réactions qui ne sont pas sans lien avec la situation sociale difficile sur l'île.

Le Premier ministre haïtien Jack Guy Lafontant a appelé samedi matin, en vain, les manifestants à la “patience”, avant d’annoncer “la suspension jusqu’à nouvel ordre” de la mesure d’augmentation des prix à la pompe.

Ce revirement a mis le gouvernement dans une position délicate, un député haïtien de Pétion-Ville, Jerry Tardieu, appelant sur Twitter "le chef du gouvernement à démissionner immédiatement”.

Un pays en situation précaire

En Haïti, “plus de la moitié de la population vit dans une extrême pauvreté, et 1,3 million de personnes ont besoin d’assistance alimentaire”, estimait, le 5 juillet, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies. Par ailleurs, le pays se situait en 2016 à la 166e place, sur 188 états, du point de vue de l’Indicateur de développement humain établi par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

L’augmentation du prix des produits pétroliers à la pompe, à l’origine des violences urbaines en Haïti, n’est visiblement pas de nature à améliorer la situation sociale d’une grande partie de la population haïtienne.

En guise d’apaisement, le président haïtien Jovenel Moïse a déclaré samedi soir lors d’une allocution télévisée : “Parce que vous avez commencé à m'envoyer ce message depuis hier soir, je l'ai reçu et j'ai corrigé ce qu'il y avait à corriger (...). Vous qui me regardez ce soir, je vous demande à tous : rentrez chez vous."

Dimanche 8 juillet, alors que de nouveaux pillages se sont produits à Port-au-Prince, les contestataires ont appelé à une grève générale de deux jours et exigent la démission du président.

Première publication : 08/07/2018

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