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Macron en Russie pour le Mondial : "Il doit demander la libération d’Oleg Sentsov"

© Sergei Supinsky, AFP | Le portrait du cinéste ukrainien Oleg Sentsov dans une rue de Kiev, le 5 juillet 2018.

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 10/07/2018

De nombreux réalisateurs se mobilisent pour exiger la libération du cinéaste ukrainien emprisonné en Russie depuis 2014. Ils veulent mettre la pression sur Emmanuel Macron qui doit se rendre à Saint-Pétersbourg pour la demi-finale de la France.

Oleg Sentsov, qui entame lundi 9 juillet son 56e jour de grève de la faim, a perdu 15 kilos. L’état de santé du cinéaste ukrainien, condamné en 2015 à 20 ans de prison pour “terrorisme” en Russie, “fluctue d’un jour à l’autre, mais dans l’ensemble il ne va pas trop mal", rapporte à France 24 Maria Tomak, journaliste ukrainienne en contact avec la cousine du détenu. Cette dernière, Natalia Kaplan, a obtenu son premier parloir début juillet.

“Mais tout le monde sait qu’il n’est pas du genre à se plaindre, alors est-ce vraiment la réalité ?”, s’interroge-t-elle. Seule certitude : Oleg Sentsov, 41 ans et père de deux enfants, ne compte pas arrêter sa grève de la faim. Il a dit qu'il allait aller jusqu'au bout et “croit en sa victoire".

“Vladimir Poutine n’a prêté aucun intérêt à ce dossier”

Le 14 mai dernier, il avait choisi de ne plus se nourrir quelques jours avant le début du mondial afin de mettre un coup de projecteurs sur les quelque 70 prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles russes. “On compte 39 prisonniers détenus en Crimée et 32 en Russie”. Mais contrairement à ce qu’il espérait, “Vladimir Poutine n’a prêté aucun intérêt à ce dossier”, commente Maria Tomak.

Pour mettre la pression sur le gouvernement russe, le monde du cinéma français a décidé d’occuper le terrain médiatique alors qu’Emmanuel Macron s’apprête à se rendre à Saint-Pétersbourg pour la demi-finale de la Coupe du monde France-Belgique, mardi. Le président français “doit tout tenter pour obtenir la libération immédiate et sans condition d’Oleg Sentsov”, affirme la réalisatrice française Catherine Corsini, contactée par France 24.  Elle fait partie de la centaine de réalisateurs signataires de la tribune “Si rien ne se passe”  parue dans Libération le 6 juillet. Présidente du jury de la Caméra d’or au festival de Cannes en 2016, elle se mobilise sans relâche depuis 2014 pour le faire sortir de prison.

Enlevé caméra au poing

Cette année-là, le 11 mai, le cinéaste ukrainien, connu pour son premier long-métrage "Gamer", est enlevé par le FSB, les services secrets russes. Depuis plusieurs mois, celui qui est opposé à l'annexion de la Crimée par la Russie, a rejoint les rangs du mouvement pro-européen Maïden, et apporte des vivres aux soldats ukrainiens encerclés par les forces russes. “Il a été enlevé avec sa caméra au poing, s’indigne Catherine Corsini. II a disparu pendant trois semaines et a été retrouvé en Russie puis jugé en tant que russe !”

À l’issue d’un procès qualifié de "stalinien" par Amnesty International, Oleg Sentsov est condamné à vingt ans de prison le 25 août 2015 pour "organisation et participation à un groupe terroriste". À l’énoncé du verdict, il a tenu à garder le sourire et à fredonner l’hymne ukrainien.

Catherine Corsini qui, avec la société des réalisateurs français (SRF), multiplie à l’époque les courriers et les déclarations pour appeler à sa libération – notamment au festival de Venise – est “scandalisée devant l’inaction de l’Union européenne”.

Mobilisation internationale

“Aujourd’hui, Oleg Sentsov a repris son destin en main avec cette grève de la faim, poursuit-elle, et on se doit de faire écho à son action”. Depuis, le Parlement européen a appelé à sa libération immédiate. Par ailleurs, elle se réjouit que le mouvement de soutien prenne une tournure internationale avec la mobilisation des réalisateurs David Cronenberg, Ken Loach ou encore de l’écrivain Stephen King.

Face à une telle solidarité, le président français “ne doit pas se contenter de serrer la main à Poutine. Le football doit pouvoir servir le politique”, a-t-elle souligné avant d’ajouter : “la victoire de la France sera amère si Oleg Sentsov n’est pas libéré”. Le cas a déjà été évoqué lors de la dernière entrevue entre le président français et son homologue russe, en mai dernier. Mais Vladimir Poutine avait coupé court à la conversation en qualifiant Oleg Sentsov de “terroriste”, selon Maria Tomak.

“Si Sentsov meurt, Macron et Poutine auront du sang sur les mains”

Le président russe l'a déclaré plusieurs fois et il l'a expliqué à ses interlocuteurs : la question de la Crimée ne peut pas et ne sera jamais à l'ordre du jour car la Crimée est une partie inaliénable de la Russie. Seule issue possible pour ces prisonniers politiques : un échange entre les deux pays, comme évoqué en juin par téléphone par les présidents russe et ukrainien Petro Porochenko. Mais cette éventualité tarde à se concrétiser.

“Si Sentsov meurt, Macron et Poutine auront du sang sur les mains”, surenchérit-elle faisant référence au sort de Bobby Sands, le nationaliste irlandais mort en 1981 après 66 jours de grève de la faim sous l’ère Thatcher. "Il devrait tenir jusqu’à la fin du mondial, pour éviter que ça fasse tâche”.

Chaque jour, le cinéaste boit 3,5 litres d'eau et se fait injecter du glucose, des amino-acides et des vitamines par un goutte-à-goutte, selon l’avocat du détenu, Dmitri Dinzé. Il a également perdu deux dents, surtout en raison de la dureté du climat. Oleg Sentsov est incarcéré dans une colonie pénitentiaire de Labytnangui, dans l'Arctique russe. “Il faut compter à peu près un jour et demi de train, d’avion et d’hélicoptère pour se rendre sur place, commente Maria Tomak. Il refuse que ses enfants viennent le voir pour une heure de visite”.

Première publication : 09/07/2018

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