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EUROPE

L’ivoire vendu en Europe est aux trois quarts illégal

© Aris Oikonomou, AFP | Des objets en ivoire présentés en Belgique le 4 juillet 2018 dans le cadre d'une campagne de sensibilisation contre le trafic d'ivoire.

Texte par Liselotte MAS

Dernière modification : 11/07/2018

Dans un rapport publié mardi, une ONG affirme que l'ivoire vendu en Europe provient essentiellement de défenses d’éléphants abattus récemment et présentées comme des antiquités. Les trafiquants tablent sur un vide juridique de la législation.

"Avec ce rapport, nous fournissons à la Commission européenne des preuves flagrantes que de l’ivoire illégal circule en Europe". C'est ce que révèle l'enquête menée par l’ONG de cybermilitantisme Avaaz, qui démontre que l’Union européenne n’a pas réussi à endiguer le trafic de "l’or blanc", bien qu’elle ait été alertée par plusieurs ONG et 32 pays africains à ce sujet en mars 2018.

Grâce à ce rapport, qui doit être remis à la Commission européenne mardi 10 juillet, Avaaz espère accélérer l'entrée en vigueur de l’interdiction totale de la commercialisation de l’ivoire.

Analyses au carbone 14

L’Union européenne a interdit le commerce de l’ivoire depuis 1989, à l’exception de celui des antiquités acquises avant 1947. Faire passer de l’ivoire récent pour de l’ivoire ancien avec de faux documents permet donc aux trafiquants de contourner la loi et de profiter, selon l’ONG, d’un "vide juridique" qui alimente la demande et les réseaux de contrebande.

L’ONG, en partenariat avec l’université d’Oxford, a analysé au carbone 14 un lot de 109 objets en ivoire achetés dans des marchés aux puces, chez des antiquaires ou sur des sites internet dans dix pays européens. Cette technique de datation des matières organiques lui a permis de dater avec précision les bijoux et objets décoratifs et de montrer que les trois quarts datent d’après 1947.

L’Europe première exportatrice mondiale

Dans le lot de 13 objets achetés en France, onze sont illégaux. Avec 86 % de son ivoire illégal, "la France figure parmi les cancres" de son étude aux côtés de l’Italie, de l’Espagne, de la Bulgarie (100 %) et du Portugal (83 %), note Avaaz.

Alors que la Chine et Hong Kong ont respectivement promis l’interdiction du commerce et de la transformation de l’ivoire en 2017 et 2021, que les États-Unis ont acté son interdiction quasi-totale, l’Union européenne est "en retard", selon l’ONG de défense des animaux IFAW. Première exportatrice mondiale d’ivoire d’éléphant, l’UE concentre 28,3 % des transactions, loin devant les États-Unis et l’Afrique du Sud. Les ventes augmentent "à un taux alarmant" et sont "principalement destinées à la Chine, où commerce légal et illégal coexistent", détaille IFAW dans un rapport publié en juillet 2017.

>> À voir : La Chine interdit le commerce de l'ivoire

"La France est l’un des principaux pays de transit et conserve donc sa part de responsabilité dans le maintien de la demande, notamment asiatique, pour cet ‘or blanc’", précise l’ONG.

La population d’éléphants de savane a chuté de 30 % en Afrique entre 2007 et 2014, selon le dernier recensement de Great Elephant Census paru en 2016. On dénombrait, en 2014, 350 000 individus, contre près d’un million dans les années 1970 et plus de 20 millions avant la colonisation européenne. Chaque année, 20 000 éléphants d’Afrique sont tués pour leur ivoire selon les estimations de la WWF.

Première publication : 10/07/2018

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