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Meurtre de Sarah Halimi : bataille d'experts sur la responsabilité pénale du suspect

© Capture d'écran France 24 | Sarah Halimi, 65 ans, a été défenestrée depuis son appartement au 3e étage le 3 avril 2017, à Paris.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/07/2018

Une deuxième expertise psychiatrique vient écarter la responsabilité pénale du suspect du meurtre de Sarah Halimi, une sexagénaire juive défenestrée en avril 2017 à Paris. Les parties civiles ont demandé, mercredi, une troisième expertise.

Une deuxième expertise psychiatrique de l'homme soupçonné du meurtre de Sarah Halimi, une sexagénaire juive assassinée à Paris en 2017, a conclu qu'il n'était pas conscient de ses actes au moment des faits. Une nouvelle expertise a été demandée par la juge, ont annoncé mercredi 11 juillet des avocats des parties civiles.

"Cette deuxième expertise, qui n'avait même pas été demandée par la défense, contredit entièrement le premier rapport judiciaire", a déploré Me Gilles-William Goldnadel, l’avocat de la belle-sœur de Sarah Halimi. Me Caroline Toby, avocate aux côtés de Me Francis Szpiner et des trois enfants de la victime, a pour sa part indiqué que le magistrat instructeur avait ordonné que soit réalisée une troisième expertise.

Ce meurtre, aux circonstances d'abord confuses pour les enquêteurs, avait au fil des semaines suscité une vive émotion dans la communauté juive et au-delà.

Fin février, après une nouvelle audition de Kobili Traoré, l'homme soupçonné du meurtre de Sarah Halimi, la juge avait finalement retenu le caractère antisémite du crime, après un long bras de fer judiciaire.

>> À voir : Sarah Halimi a-t-elle été tuée parce qu’elle était juive ?

Le nouveau rapport indique une abolition du discernement du suspect

Les parties civiles étaient reçues mercredi matin par les juges d'instruction et c'est au cours de ce rendez-vous que la deuxième expertise leur a été notifiée. En concluant à l'abolition du discernement du suspect, elle va à l'encontre du premier rapport d'expertise psychiatrique du Dr Daniel Zagury et pourrait conduire à la fin des poursuites judiciaires.

La première expertise avait conclu que dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, Kobili Traoré avait été pris d'une "bouffée délirante aiguë", liée à une forte consommation récente de cannabis, qui avait altéré le discernement du jeune homme sans pour autant l'abolir.

Cette nuit-là, Kobili Traoré, 28 ans, s'était introduit chez sa voisine de 65 ans Lucie Attal – aussi appelée Sarah Halimi – au troisième étage d'une HLM du quartier populaire de Belleville. Aux cris d'"Allah Akbar", entrecoupés d'insultes et de versets du Coran, le jeune homme l'avait rouée de coups sur le balcon, avant de la précipiter dans la cour.

Avec AFP

Première publication : 11/07/2018

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