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Afrique

Présidentielle en RD Congo : Kabila s'engage à respecter la Constitution

© Junior D. Kannah, AFP | Joseph Kabila lors de son allocution le 19 juillet à Kinshasa.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 20/07/2018

Joseph Kabila a promis, jeudi, devant le Parlement que l'élection présidentielle aurait lieu comme prévu le 23 décembre, dans le respect de la Constitution. Mais le président congolais ne s'est pas prononcé sur son avenir politique.

Son discours était très attendu :à cinq mois de la présidentielle censée élire son successeur à la tête du pays qu'il dirige depuis 17 ans, le président congolais, Joseph Kabila, s'est engagé à nouveau jeudi 19 juillet à respecter la Constitution de la République démocratique du Congo, qui lui interdit de se représenter.

La date des élections fixée au 23 décembre 2018 "reste maintenue" et "notre engagement à respecter la Constitution demeure lui aussi non équivoque", a ainsi déclaré Joseph Kabila dans une allocution au Parlement. L'organisation des élections en RDC est "une affaire de souveraineté" et par conséquent financée par l'État congolais, a-t-il réaffirmé, en vantant son bilan à la tête du pays.

"Aujourd'hui, notre modèle démocratique a fait ses preuves et ceux qui tentaient de s'improviser en donneurs de leçon l'ont bien compris : la République démocratique du Congo, n'ayant jamais donné de leçon à personne, (elle) n'est pas disposée d'en recevoir dans ce domaine. Et surtout pas de la part de ceux qui ont assassiné la démocratie dans ce pays et ailleurs", a lancé Joseph Kabila sous les acclamations de ses partisans.

La classe politique congolaise et les partenaires de la RDC espéraient que le chef de l'État dirait un mot sur son avenir politique. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait ainsi indiqué que Kabila allait annoncer une série de "décisions importantes". Après l'allocution de Joseph Kabila, le Conseil de sécurité des Nations unies et le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine ont exprimé leur inquiétude "quant aux défis à relever pour renforcer la confiance dans le processus" électoral en République démocratique du Congo (RDC).

"Une personne qui se croit monarque éternel"

Le parti historique de l'opposition (Union pour la démocratie et le progrès social) a promis "une réaction musclée demain (vendredi)" contre Joseph Kabila, a indiqué son porte-parole, Augustin Kabuya. "Le peuple congolais n'a plus rien à attendre d'une personne qui se croit monarque éternel", a réagi le député d'opposition Claudel André Lubaya. "Nous sommes déçus par ce discours du président Kabila qui a encore raté l'occasion de se prononcer sur son avenir politique", a déclaré un autre élu d'opposition.

"Kabila n'a rien dit sur son avenir politique. Toujours pas de signe clair qu'il prévoit de quitter le pouvoir conformément à la Constitution (et) permettre un scrutin crédible. Il faut d'urgence une pression accrue pour le convaincre de changer de cap", a estimé Ida Sawyer, directrice Afrique de Human Right Watch et persona non grata en RDC pour ses prises de position antérieures.

Quelques heures avant le discours, le mouvement citoyen congolais Lutte pour le changement (Lucha) a écrit sur Twitter : "Candidat ? Levons-nous tous aussitôt pour le démettre comme on aurait dû le faire depuis longtemps. Pas candidat ? continuons à exiger des vraies élections, impossibles avec lui et sa Céni (commission électorale) aux commandes".

Ce mouvement né à Goma (est) est à la pointe de la contestation contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila dont le mandat s'est achevé le 20 décembre. La Constitution lui interdit de se représenter.

Le dépôt des candidatures doit s'ouvrir le 24 juillet et se terminer le 8 août. Un scrutin est ouvert "à tous ceux qui en réunissent les conditions légales d'éligibilité", a précisé Joseph Kabila. Parmi les candidats déclarés à la présidentielle figure l'opposant en exil, Moïse Katumbi. Ancien allié du président, Katumbi a été condamné à trois ans de prison en 2016 dans une affaire immobilière et est menacé d'arrestation dès son retour en RDC.

Avec AFP

Première publication : 20/07/2018

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