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Au Venezuela, Maduro accuse l'opposition d'être impliquée dans "l'attentat aux drones"

© Venezuelan Presidency, AFP | Le président Maduro, au pourvoir au Venezuela depuis 2013.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/08/2018

Le pouvoir vénézuélien va traduire en justice des députés de l'opposition qu'il accuse d'être impliqués dans l'attaque présumée aux drones contre le président Nicolas Maduro. Un "attentat" que l'ex-président du Parlement qualifie de "farce".

Lors d’une allocution diffusée sur la radio et la télévision officielles, le président vénézuélien Nicolas Maduro a accusé, mardi 7 août, l'opposant Julio Borges, ancien président du Parlement, actuellement en exil, et un député de l'opposition, Juan Requesens, d'être impliqués dans l'attaque présumée aux drones l'ayant visé, samedi.

L'Assemblée constituante vénézuélienne, favorable au gouvernement de Maduro, va également entamer dès mercredi un processus visant à traduire en justice des députés de l'opposition mis en cause. Le président de l'Assemblée constituante, Diosdado Cabello, a convoqué une session qui aura pour unique ordre du jour la "suppression de l'immunité parlementaire des députés impliqués" dans "l'attentat" contre Nicolas Maduro.

"Ni le pays ni le monde ne croient à ta farce de l'attentat"

En réponse, Julio Borges a qualifié de "farce" l'"attentat" dont le président Nicolas Maduro dit avoir été la cible à Caracas. "Ni le pays ni le monde ne croient à ta farce de l'attentat", a-t-il écrit sur Twitter. "Nous savons tous que c'est un montage pour nous poursuivre et pour nous condamner, nous qui nous opposons à ta dictature."

Le message de Julio Borges

De leur côté, Juan Requesens et sa sœur Rafaela ont été arrêtés, mardi soir, à Caracas. Ce parlementaire et cette cheffe d'un mouvement de contestation étudiant ont été enlevés par quatorze membres des services du renseignement vénézuélien (SEBIN), a écrit sur Twitter le parti d'opposition Justice d'abord, auquel appartient Juan Requesens. Rafaela Requesens a été libérée un peu plus tard et se trouve "à l'abri", a annoncé son père dans une vidéo diffusée en direct sur les réseaux sociaux depuis l'entrée d'une prison de Caracas.

D'après les autorités vénézuéliennes, deux drones piégés à l'explosif ont été lancés samedi en fin d'après-midi lors d'une cérémonie militaire à laquelle Maduro participait dans le centre de Caracas. Le premier a été neutralisé par les forces de sécurité, le second a chuté sur un immeuble. Nicolas Maduro a imputé l'attaque à des figures de l'extrême droite vénézuélienne et à leur soutien à l'étranger, accusant nommément le gouvernement colombien.

Une enquête impartiale ?

Peu auparavant les annonces du pouvoir, le Parlement vénézuélien, seule institution tenue par l'opposition, a réclamé l'ouverture d'une enquête impartiale sur ces explosions. Dans une déclaration lue dans l'hémicycle, le Parlement a appelé à une "enquête sérieuse, objective, impartiale et concluante qui fournirait des informations précises" sur ces faits, que le gouvernement socialiste vénézuélien a qualifié d'"attentat" contre son leader.

Le Parlement a également dénoncé l'intention du gouvernement d'utiliser cette affaire de drones afin "de renforcer la persécution politique" visant l'opposition. "Nous réaffirmons que la lutte politique des Vénézuéliens doit être orientée [...] vers l'obtention d'élections libres, réunissant toutes les conditions démocratiques sous observation internationale", souligne le Parlement.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 08/08/2018

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