Dimanche 12 octobre 2008

SARKOZY - BILAN

Un an après, Nicolas Sarkozy s'explique

Jeudi 24 avril 2008

Un an après son élection, le président français a fait un premier bilan à l'occasion d'une interview télévisée diffusée en direct depuis l'Elysée. Retrouvez les principaux points abordés par le président. (Récit : K. Yahiaoui)

Jeudi 24 avril 2008

Quel bilan tirez-vous de cette première année de quinquennat de Nicolas Sarkozy ? A-t-il tenu ses promesses ? Donnez-nous votre avis en cliquant sur le boutant "Réagir" en bas de la page.

Lors d'une intervention télévisée intitulée "En direct de l'Élysée", le président de la République est revenu sur la première année de son mandat et a précisé "sa feuille de route". L’interview, qui a eu lieu dans la salle des fêtes du palais présidentiel transformée en studio, a été conduite par cinq journalistes.

Nicolas Sarkozy a reconnu qu’il avait fait “des erreurs” pendant sa première année à l’Elysée, mais a insisté sur sa volonté de faire des réformes.

Alors que 59% des Français considèrent cette première année du mandat comme un échec (selon un sondage publié lundi par le quotidien de gauche Libération), le chef de l'Etat reconnaît sa part de responsabilité : "Sans doute je n'ai pas assez expliqué, sans doute moi-même j'ai fait des erreurs".

Le président s’est voulu rassurant : "Qu'il y ait de la déception, qu'il y ait des attentes, qu'il y ait des problèmes, qu'il y ait des difficultés, non seulement je le sais, je l'entends mais je m'y étais préparé", a-t-il déclaré en ajoutant que "depuis 20-25 ans, la France était endormie".

"Quadruple choc"

Il a rappelé qu'il avait été élu pour "réhabiliter le travail". "Pour cela il y a une stratégie possible : mettre en œuvre les changements que nous n'avons pas faits alors que les autres les ont faits", a-t-il commenté.

Il est d’abord revenu sur les difficultés économiques qui ont accompagné la mise en place de ses réformes lors de ses premiers mois au gouvernement, telles que le doublement du prix du baril du pétrole et l’euro. "La France a eu à faire face à un quadruple choc", a expliqué Nicolas Sarkozy, citant la hausse du prix du baril de pétrole, la crise des "subprimes", la flambée de l'euro et des matières premières. L’euro a dépassé cette semaine la barre symbolique de 1,60 dollar.

"J'ai lancé 55 réformes"

"On a un contexte international difficile, raison de plus pour accélérer les réformes", a-t-il poursuivi. "J'ai lancé 55 réformes, parce que tout se tient".

Il a défendu ses principales réformes, comme la défiscalisation des heures supplémentaires, en place depuis le 1er octobre. "Ca marche", affirme-t-il.  Il y a eu "28% d'heures supplémentaires en plus" lors du dernier trimestre 2007.

Nicolas Sarkozy a également annoncé que le Premier ministre François Fillon déposerait un texte dans les 15 jours sur l'intéressement et précisé qu'une entreprise qui distribuera une partie de ses bénéfices à ses salariés paiera moins d'impôts sur les bénéfices.

Paquet fiscal : une "erreur de communication totale"

Il est aussi revenu sur le "paquet fiscal" dans son ensemble, en reconnaissant "une erreur de communication totale" sur le sujet.

Le président a par ailleurs affirmé que l'objectif de parvenir à l'équilibre des finances publiques en 2012 était possible. Concernant le PIB, "On a eu 2% de croissance en 2006, 1,9% en 2007, on verra ce qu'il en sera en 2008 mais l'objectif qui consiste à faire grosso modo pareil qu'en 2007 est parfaitement atteignable", a-t-il dit. "Mon rôle c'est de gagner ce point de croissance qui nous manque", a-t-il indiqué.

"On ne travaille pas assez"

Interrogé sur le pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy a déclaré que "le problème de la France c'est qu'on ne travaille pas assez et par conséquent on n'a pas assez de croissance et pas assez de pouvoir d'achat", en critiquant les 35 heures. Il a par ailleurs précisé que "dans les grandes surfaces, les prix ont davantage augmenté en France que dans la quasi-totalité des autres pays d'Europe, c'est pas normal ".

Les prix à la consommation ont augmenté de 3,2% sur les douze derniers mois, un niveau record depuis août 1991, essentiellement en raison de la hausse de l'énergie et de l'alimentation, selon les derniers chiffres publiés par l'Insee en mars.

Nicolas Sarkozy a annoncé que le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel et la ministre de l'Economie Christine Lagarde "présenteront au mois de juin un texte qui va permettre la négociabilité entre les fournisseurs et les grandes surfaces".

Education nationale : "on maintient les réformes"

Le chef de l’Etat a réaffirmé sa volonté de maintenir les réformes prévues dans l'Education nationale visant à ne pas remplacer à la rentrée les 11 200 fonctionnaires partant à la retraite. "On maintient les réformes qui permettront les réductions de postes", a-t-il dit. Jeudi, les lycéens ont à nouveau manifesté en France contre cette mesure.

Immigration : "pas de régularisation globale"

Concernant les travailleurs sans papiers, il a rappelé qu'il n'y aurait "pas de régularisation globale", car cela conduirait "à la catastrophe". Et d’ajouter : "Ca conduit à un appel d'air qui profite aux trafiquants, on fait la politique des trafiquants". Il a notifié qu’il y avait "22% de chômeurs chez les immigrés réguliers".

Il s’est en revanche positionné en faveur du vote des étrangers non-européens aux élections locales "sur la base de la réciprocité". Mais il précise qu’il n'a "pas de majorité pour faire passer" cette mesure.


Environnement : "favorable à la recherche sur les OGM"

Nicolas Sarkozy a assuré qu'il ne "trahira ni l'esprit, ni la lettre du Grenelle" de l'environnement dont les  recommandations font l'objet d'un projet de loi qui doit être présenté dans les prochains jours.

"Je suis favorable à la recherche sur les OGM, dont on a besoin. Mais je dis que s'agissant de la culture OGM en plein champ, mon devoir est de prendre des précautions", a-t-il précisé.


"Choqué par ce qui s'est passé au Tibet"

Le dernier volet de l’entretien était consacré aux affaires internationales. Le président a déclaré qu’il avait été "choqué par ce qui s'est passé au Tibet", et qu'il l'avait "dit au président chinois". Estimant que "la Chine aide le monde dans la crise au Darfour", il se refuse à mettre la Chine "au ban des nations".

"Nicolas Sarkozy n’a pas répondu à la question sur la Chine. Il est gêné par le sujet, il ne veut pas froisser les Chinois,  commente Jean-Bernard Cadier, notre spécialiste de politique internationale. Ce qu’il a dit de plus intéressant sur la Chine, c’est quand il a parlé de l’Afghanistan. Il ne faut pas avoir deux poids deux mesures, ne pas défendre les droits des petites filles afghanes et éteindre la flamme et s’attaquer à une athlète handicapée."

Le chef de l’Etat n’a pas arrêté sa position concernant sa participation à la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin. La France "essaie de créer les conditions d'un dialogue entre le dalaï lama et les autorités chinoises", a-t-il dit en ajoutant "qu'il reste encore quatre mois pour y arriver". Il évoque, d'ici le début des Jeux olympiques, une possible "position commune" alors que la France tiendra
la présidence de l'Union européenne lors des Jeux olympiques.

Contre l’entrée de la Turquie dans l’UE

Concernant la Turquie, il a réaffirmé son opposition à l'entrée du pays au sein de l'Union européenne et a indiqué qu'il "ferait un référendum" si "la question se posait".

Proche-Orient : ne pas parler au Hamas

Interrogé sur le Proche-Orient, Nicolas Sarkozy s’est refusé "en tant que chef de l'Etat", à parler au mouvement islamiste palestinien Hamas, "une organisation qui a annoncé qu'elle voulait rayer Israël de la carte".


    Vidéo

    • INTERVIEW DU PRESIDENT

      Regardez l’intégralité de l’intervention de N. Sarkozy

    • ANALYSE

      "Nicolas Sarkozy reste très prudent, pour ne pas dire attentiste, sur sa présence ou non à la cérémonie d'ouverture des JO" J-B Cadier, spécialiste politique internationale - 24/04 23:00 (GMT+1)

    • ANALYSE

      "Ce n'est pas sûr qu'une interview télévisée inverse la vapeur" R. Febvre, spécialiste de politique française - 24/04 23:00 (GMT+1)

    • LES SONDAGES

      "J'ai une part de responsabilité. Il faut toujours écouter ce que les gens disent parce qu'il y a toujours une part de vérité"

    • LE DEFICIT

      "On me demande de réduire en 18 mois un déficit qui a été creusé en 1974"

    • LE TIBET

      "J'ai été choqué par ce qu'il s'est passé au Tibet, et je l'ai dit au président chinois"

    • LE CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN

      "En tant que chef de l'Etat, je pense que je ne dois pas parler au Hamas"

    • LA VIE PRIVEE

      "Je trouve qu'on a beaucoup parlé de ma vie privée"


 

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