ÉVÉNEMENT
Le réchauffement du globe pourrait être compensé par les températures des océans qui devraient rester fraîches pendant au moins dix ans, avec même peut-être des températures un peu plus froides en Europe et en Amérique du Nord, estime une étude à paraître jeudi dans la revue Nature.
L'Atlantique Nord se rafraîchit, l'océan Pacifique maintient sa température aux Tropiques, et la circulation des courants marins s'affaiblit, apportant moins de chaleur dans l'hémisphère Nord, expliquent les chercheurs de l'Institut Max Planck à Hambourg et de l'Institut Leibniz des sciences marines à Kiel (Allemagne).
Cette évolution, qui devrait perdurer au cours de la décennie à venir, "laisse penser que les températures planétaires ne devraient pas augmenter au cours des dix prochaines années", estiment les auteurs de l'étude.
Elle devrait temporairement contrer l'amplification des ouragans, des canicules et des intempéries en Europe, en Amérique et en Afrique du Nord, conséquences de la tendance au réchauffement climatique accentuée par l'émission des gaz à effet de serre.
Les océans sont une variable essentielle pour prévoir les fluctuations climatiques, et jusqu'à présent les scientifiques pensaient que seul un état des lieux des eaux en profondeur, difficilement réalisable, permettrait de diagnostiquer leur évolution.
L'équipe, dirigée par Noel Keenlyside, a au contraire montré qu'un relevé régulier de la température de surface des eaux suffisait, au travers de modélisations, à déterminer cette évolution.
"Les prévisions climatiques à l'échelle d'une décennie seront toujours quelque peu incertaines", tempère dans un commentaire également publié dans Nature le météorologue Richard Wood, du Hadley Centre d'Exeter.
Selon lui, elles dépendent des modèles sur lesquels travaillent les chercheurs, mais également de "perturbations imprévisibles" telles que des éruptions volcaniques catastrophiques.













