Les superdélégués et la démocratie
Mardi 06 mai 2008
Les voix des superdélégués démocrates désignés lors des primaires ne tomberont pas nécessairement dans l'escarcelle de leur candidat. Jusqu'au bout de la course à l'investiture, Obama et Clinton devront les convaincre qu'ils sont le meilleur.
Les superdélégués et la démocratie
Par Jean-Bernard CadierMardi 06 mai 2008
Pourquoi est-ce que Barack Obama est favori en Caroline du Nord ? Parce qu’en Caroline du Nord il y a un peu plus de Noirs et de Blancs riches. Or Obama est très populaire chez les Noirs et chez les Blancs riches. Quant à Hillary Clinton, elle est populaire dans les classes moyennes blanches. C’est pour cela qu’elle est populaire dans l’Indiana.
En termes politiques, la situation est toujours la même. La mathématique est en faveur d'Obama, mais la dynamique est en faveur de Clinton. Mathématiquement elle est en retard et elle le sera toujours après les primaires dans l'Indiana et en Caroline du Nord, quel que soit le résultat en termes de délégués.
Hillary Clinton s’est redressée ces dernières semaines, mais si ce mouvement s’arrête, elle est finie. En revanche, si elle continue à se redresser, elle peut encore espérer convaincre les superdélégués qu'elle est la meilleure candidate démocrate.
Le mot qui définit le mieux ces superdélégués n’est pas un mot anglais, c’est le mot "apparatchiks". Ce sont des dignitaires du parti Démocrate qui sont là pour défendre les intérêts du parti. Il représentent 20% des voix à la Convention.
Si les électeurs sont partis trop à gauche ou trop à droite ou si les électeurs n’arrivent pas à se départager, ce sont les superdélégués, au nombre de 800, qui vont faire la différence. Choisissant en leur âme et conscience, ils peuvent aller contre l’avis des électeurs démocrates. C’est d’ailleurs tout le calcul de Hillary Clinton : "Oui je suis en retard dans les chiffres, mais je suis la seule à pouvoir gagner. Donc l’intérêt du parti et, accessoirement, votre intérêt personnel de superdélégué, c’est de voter pour moi."
Ainsi fonctionne le système des superdélégués. Ce système, qui n’est pas particulièrement démocratique, est de plus en plus critiqué par les Américains eux-mêmes.


