
ECONOMIE
Compétitivité : une dernière médaille d'or pour les Etats-Unis ?
Jeudi 15 mai 2008
Comme tous les ans, l'International institute for management development de Lausanne a rendu public son classement mondial de la compétitivité. Et pour la 15e année consécutive, les Etats-Unis décrochent la médaille d’or.
Compétitivité : une dernière médaille d'or pour les Etats-Unis ?
Sylviane BährJeudi 15 mai 2008
C’est peut-être la dernière fois que les Etats-Unis se retrouvent en tête du classement. Washington est dangereusement talonné par deux dragons asiatiques : Singapour et Hong Kong.
En fait l'International institute for management development (IMD) s’inquiète : les Etats-Unis pourraient connaître une crise économique majeure comme celle vécue par le Japon il y a 20 ans. Les Etats-Unis étaient alors troisième et la compétitivité du Japon semblait imprenable. Et puis, c’est la crise : la bourse recule, les prix des terrains s’effondrent. Finalement en 1997, de grosses banques font faillites. Résultat: une chute de 15 à 20 % du PNB sur 10 ans, et la stagnation durable de l’économie japonaise.
Aujourd’hui, le Japon est classé 22e du classement IMD. Pour l’organisme, cette tragédie japonaise ressemble fort à l’instabilité actuelle des Etats-Unis - sauf que d’importantes différences demeurent entre les économies américaines et japonaises.
Dans les années 1990, l’industrie japonaise était paralysée. Ce n’est pas le cas des Etats-Unis aujourd’hui. Et puis contrairement au Japon des années 1980, la Fed et le trésor ont vite réalisé l’importance du risque de la crise. Les banques centrales ont injecté beaucoup de liquidité sur les marchés financiers.
Il y a un pays qui n’était pas dans le classement en 1989 et qui est aujourd’hui 17e. C’est la Chine - mais c’est un recul ! L’an dernier la Chine était classée 15e. Sauf qu’il ne faut pas l’analyser comme un repli de l’économie chinoise : c’est plutôt un mécanisme de "consolidation" de l’économie. Les chinois ont pris des mesures contre la surchauffe, notamment en matière fiscale. Une législation défavorable aux investissements a aussi été adoptée. La Chine attire moins les investisseurs, mais elle travaille en réalité à la pérennité de son développement.


