ETATS-UNIS - FINANCE
La Fed invite les banques à lever des fonds
Vendredi 16 mai 2008
Le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, a encouragé les banques américaines à lever des fonds pour soutenir l'économie, tout en les invitant à rester "très vigilantes" dans la mise en œuvre de ces opérations.
Vendredi 16 mai 2008
Par ReutersLes turbulences sur les marchés financiers soulignent la nécessité de disposer d'"épais" matelas de fonds propres et les banques doivent donc lever des capitaux si elles en ont besoin, a déclaré le président de la Réserve fédérale des Etats-Unis Ben Bernanke.
"J'appelle vivement les institutions financières à rester très vigilantes s'agissant des levées de capitaux", a-t-il dit, selon le texte du discours qu'il devait prononcer à Chicago lors d'une conférence sur les structures bancaires et la concurrence.
"Agir ainsi non seulement soutient l'économie mais donne aussi aux entreprises la possibilité de profiter des occasions de réaliser des rofits nouveaux lorsque les conditions des marchés financiers et de l'économie s'amélioreront", a-t-il insisté.
Il a souligné le succès rencontré récemment par de nombreuses banques ayant fait appel aux marchés pour renforcer leurs bilans et il a salué le comportement des fonds d'investissements souverains étrangers dans ces opérations.
"Ils n'ont pas réclamé un contrôle étroit ou du pouvoir au sein des entreprises", a-t-il souligné. "Je pense donc que le fait de disposer de cette source de financement a été très constructif pour notre système bancaire."
Pour l'économiste Cary Leahey, de Decision Economics, le discours de Bernanke vise à encourager les banques à poursuivre leurs efforts, non seulement pour lever de l'argent frais mais aussi pour se débarrasser de leurs actifs les plus risqués afin d'être en mesure de reprendre l'octroi de crédit.
"La Fed pense avoir fait beaucoup pour résoudre la crise du crédit et estime qu'il appartient maintenant aux institutions financières de s'emparer du ballon et de passer à l'action", a ajouté Leahey.
Bâle II inutile, mais pas la panacée
Bernanke a ajouté que les autorités de régulation s'efforçaient d'inciter les banques à améliorer leur transparence et de renforcer la discipline dans le secteur. Il a jugé qu'un manque de rigueur dans la gestion du risque avait contribué à provoquer les turbulences financières.
Il a estimé que les nouvelles règles comptables dites de "Bâle II" permettraient favoriseraient la discipline dans le secteur financier mais qu'elles ne seraient aucunement une panacée.
"Même si Bâle II ne permettra en aucun cas d'empêcher à l'avenir de nouveaux épisodes de turbulences financières, il devrait permettre aux institutions financières de mieux résister aux chocs et donc contribuer à une meilleure stabilité financière globale", a-t-il poursuivi.
En réponse à une question, il a expliqué ne pas craindre de voir les banques exposées à un risque important lié aux difficultés des grands rehausseurs de crédit comme MBIA ou Ambac Financial.
Il a reconnu que la crise financière n'était pas encore terminée mais il a mis en avant des éléments montrant que les établissements de crédit s'acheminaient progressivement vers un retour à des conditions normales d'activité.
"J'ai été rassuré par la capacité démontrée récemment de nombreuses institutions financières, petites et grandes, à lever des capitaux auprès de sources diverses", a-t-il dit. "Plus important encore, les levées de capitaux et la consolidation des bilans permettent l'octroi de nouveaux crédits, qui favorisent l'expansion économique."


