Brice Hortefeux - Clandestins - France - Sans-papiers
Les sans-papiers sortent de l’ombre
Vendredi 16 mai 2008
Des centaines de travailleurs sans papiers sont en grève en Ile-de-France depuis le mois d’avril, dans le but d’obtenir leur régularisation. Hélène Frade a enquêté sur le marché du travail clandestin, en allant à leur rencontre.
Dossier Grands reportagesVendredi 16 mai 2008
Par FRANCE 24Ils sont salariés, mais sans papiers. Depuis le 15 avril dernier, en France, plusieurs centaines de travailleurs clandestins sont en grève illimitée. Certains d’entre eux ont décidé d’occuper plusieurs entreprises en région parisienne. Soutenus par des syndicats et des associations, ils exigent leur régularisation. Ils en ont assez de cotiser aux régimes d'assurance chômage, maladie et vieillesse, et payer leurs impôts sans pour autant bénéficier de leurs droits.
Si le gouvernement a exclu l’hypothèse d’une régularisation massive tout en ouvrant la porte à des régularisations au "cas par cas", ils n’en sont pas moins décidés pour obtenir une carte de séjour, le sésame qui les ferait sortir de la clandestinité.
Qu’ils soient employés dans le secteur de la restauration, du bâtiment, ou encore dans des sociétés de nettoyage, ils partagent les mêmes difficultés, les mêmes injustices. Pour Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, il s’agit d’une "hypocrisie d'Etat, car bien qu'ils soient à jour d'un certain nombre des obligations du travailleur sur des cotisations sociales, voire même sur l'impôt sur le revenu, on leur refuse un élément essentiel, qui est la reconnaissance de leur existence sur notre territoire."
L’exemple de Rim, employée de maison originaire de Tunisie, illustre parfaitement les dérives du marché du travail clandestin. Entrée en France en 1999, elle travaille à plein temps, de neuf heures du matin jusqu'a huit heures du soir pour neuf cent euros par mois, sans fiches de paie ni congés payés. Après neuf ans de travail, la patronne de Rim vient de signer une promesse d’embauche. Un premier pas vers la régularisation.
Payés décemment ou surexploités par leurs employeurs, ils seraient entre 200 000 et 400 000 à vivre dans ces conditions en France.
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