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Cela fait des années que la critique se lamente à propos de l’état du cinéma français. Pourtant, avec « Rois et Reine », Arnaud Desplechin avait su convaincre les plus réticents et s’était fait remarquer au cours de nombreuses compétitions officielles.
Cette année, le Français revient avec "Un conte de Noël", l’histoire poignante d’une famille brisée qui se retrouve lorsque la mère, interprétée par Catherine Deneuve, doit subir une transplantation de moelle épinière urgente. Désirs secrets, ressentiments et douleurs des personnages font penser à la pièce "Who’s afraid of Virginia Wolf" d'Edward Albee, adaptée au cinéma par Mike Nichols. Les protagonistes des deux films partagent les mêmes sentiments, réprimés.
La mise en scène du réalisateur crée pourtant un environnement bien particulier dans ce drame familial. La description des personnages, le mélange esthétique de la photographie et de la musique et la beauté crue des sentiments font de l'œuvre de Desplechin la digne descendante des films d’auteurs qui ont marqués l’histoire du cinéma français.
S’il est encore trop tôt pour se lancer dans les pronostics, il est sûr que le cinéma français lorgne ce prix depuis maintenant vingt ans. Mais on attend toujours la projection des films de Clint Eastwood et d’Atom Egoyan alors que la critique est encore sous le charme du documentaire d’animation "Valse avec Bashir" d’Ari Folman.
"Un conte de Noël" réunit les qualités requises pour une belle récompense. Rêver au prix du meilleur réalisateur serait plus sage, mais qui sait…
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