Samedi 11 octobre 2008

BIRMANIE - CYCLONE

Nos envoyés spéciaux en Birmanie vous répondent

Dimanche 18 mai 2008

Après le passage du cyclone Nargis, qui a balayé une partie de la Birmanie, FRANCE 24 se mobilise. Retrouvez les reportages réalisés par nos envoyés spéciaux et posez-leur vos questions.

Dimanche 18 mai 2008

Regardez les reportages réalisés par nos envoyés spéciaux et posez-leur vos questions.

Le 2 mai, le cyclone Nargis frappe le sud-ouest de la Birmanie. Les autorités comptent près de 134 000 morts et disparus. Dans la région du delta de l'Irrawaddy, dévastée par le cyclone, quelque 2,5 millions de rescapés commencent à recevoir de l'aide, mais la junte militaire au pouvoir refuse d'ouvrir le pays à une opération humanitaire de grande ampleur.  

FRANCE 24 se mobilise. Nos deux envoyées spéciales, Alice Beaumont et Anaïs Boussat, enquêtent clandestinement en Birmanie, pays fermé à la presse. Le reporter Cyril Payen se trouve, lui, en Thaïlande, à quelques kilomètres de la frontière. Enfin, Capucine Henry a pu passer quelques jours à bord du "Mistral", le bâtiment de la marine nationale française qui est arrivé au large des côtes birmanes pour livrer de l'aide humanitaire.

 

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Question : N’y a-t-il pas moyen de forcer l’entrée de l’aide humanitaire ? Quelles sont les ONG les mieux implantées en Birmanie ? (par Anonyme)

Cyril Payen (correspondant à Bangkok) :


Seule une poignée d'organisations humanitaires étrangères a le droit d'avoir un bureau à Rangoon. Elles ont été sélectionnées par le régime birman et se sont implantées au prix de longues négociations. Leur cohabitation avec la dictature est souvent houleuse. Elles sont les seules actuellement à déployer du personnel – birman exclusivement – dans la région du Delta. La solution d'une aide massive étrangère coordonnée par les pays voisins provoque la consternation dans la population birmane. Selon plusieurs témoignages, la communauté internationale "solde" la question l'aide humanitaire en acceptant toutes les conditions – xénophobes, et inédites – des généraux birmans : des secouristes asiatiques exclusivement, des millions d'aide d'urgence convoyés par des pays partenaires stratégiques ou commerciaux...

Certains à Rangoun, appellent le secrétaire général de l'ONU à annuler son voyage, prévu jeudi. Dans les esprits, la "solution française" – l'arrivée du "Mistral" a répandu les rumeurs les plus folles d'intervention militaire – est la seule qui puisse permettre un réel impact humanitaire.
Les Birmans savent que l'aide d'urgence continuera d'être revendue, détournée, gaspillée, sans contrôle indépendant. Pendant la "révolte safran", en septembre, la communauté internationale s'en était remise à l'Association des pays d'Asie du Sud-Est (Asean) pour faire pression sur la junte. Or elle n'a pas bougé.


Question : Y a-t-il une crise alimentaire ? (par Hectorin)

Anaïs Boussat et Alice Beaumont (envoyés spéciales en Birmanie) :


Il y a une pénurie évidente de vivres. Mais il est très difficile d’évaluer la quantité de nourriture qui parvient à la population. Cela dépend de l’endroit où l’on se trouve dans le delta. Certains villages sont très difficiles d’accès. Nous nous sommes rendues dans un certains nombres d’entre eux et tous recevait de l’aide. Nous avons également vu des cadavres abandonnés, et certaines zones n’ont commencé à recevoir de l’aide que deux semaines après le cyclone, mais personne ne meurt de faim.

L’état des gens dépend vraiment de leur situation géographique dans le delta, en fonction de leur isolation. Selon les diplomates, seule une petite proportion de l’aide parvient à la population. Les Nations unies ont d’abord avancé le chiffre de 10 %, puis Ban Ki-moon a parlé de 25 %, mais on se demande comment ils ont obtenu ces chiffres. Il est en effet très difficile d’évaluer ces choses. Personnes ne fait de comptes village par village. Ce sont des chiffres tout à fait approximatifs.

Il y a également un effort immense de la part des Birmans eux-mêmes. Ils font preuve d’une solidarité extraordinaire. Les gens donnent de la nourriture et distribuent leurs propres vêtements. Cette aide parvient aux villages les plus isolés et chacun participe à sa manière, quel que soit ses moyens économiques. Nous en sommes venues à nous demander si cela arriverait en Europe.


Question : Qu’en est-il des risques que vous prenez ? (par Anonyme)

Anaïs Boussat et Alice Beaumont (envoyés spéciales en Birmanie) :


Si nous étions attrapées, nous serions expulsées, et probablement interdites de retour dans ce pays. C’est un risque que nous avons pris en considération. Mais c’est pour les Birmans qui travaillent avec nous que nous sommes inquiètes. Comme nous ne parlons pas birman, ces gens nous guident et nous servent d’interprètes. Leur valeur est inestimable pour notre travail. Si eux étaient pris en train de nous aider, leur sort serait bien plus dramatique. Nous sommes donc très prudentes afin de ne pas exposer nos interprètes.


    Vidéo

    • REPORTAGE

      Les oubliés du delta (reportage : A. Beaumont et A. Boussat)

    • SUR LE TERRAIN

      "Beaucoup de prudence et de scepticisme chez les humanitaires" Cyril Payen Correspondant à Bangkok (24/05) 08:00 GMT+2

    • Au coeur d'un village dévasté de l'Irrawaddy

      19/05 - Reportage d'A. Boussat et A. Beaumont

    • SUR LE TERRAIN

      "L'armée assure entièrement la logistique de l'aide" - A. Beaumont, envoyée spéciale en Birmanie (17/05)

    • REPORTAGE

      A bord du Mistral, bâtiment de guerre français présent dans le Golfe de Bengale, prêt à intervenir en Birmanie (Reportage C. Henry, 14/05)


 

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