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FRANCE - RETRAITES
Mobilisation contre la réforme des retraites
Jeudi 22 mai 2008
296 000 manifestants dans toute la France selon la police, 700 000 selon la CGT. Pour le syndicat, "la mobilisation du 22 mai pour la défense du système de retraite est un incontestable succès." (Récit : H. Drouet)
Jeudi 22 mai 2008
Par Julien Peyron / FRANCE 24Dans le collimateur des manifestants : le projet de loi gouvernemental d’allongement de la durée de cotisation à 41 ans. Alors que les salariés cotisent actuellement 40 années, la réforme prévoit qu’à partir de 2012, tout le monde devra avoir travaillé 41 ans pour percevoir une retraite à taux plein.
Un allongement qui doit se faire progressivement à partir de l’année 2009. Mais ce n’est qu’un début, la loi Fillon de 2003 prévoit d’autres échéances en 2012 et en 2016, dates auxquelles les gouvernements doivent étudier des passages à 42 voire 43 ans de cotisation.
Unité syndicale
L’ensemble des syndicats (CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa et Solidaires) ont appelé à manifester, appuyés par la grande majorité des partis d’opposition. Le Parti socialiste rappelle son "attachement, en l'état actuel, à l'accès à une retraite à 60 ans moyennant 40 annuités de cotisations", tandis qu’à la Ligue communiste révolutionnaire, le mot d’ordre est "37,5 années de cotisation pour tous".
Côté syndical, on critique l'option du gouvernement de ne jouer que sur la durée de cotisation générale sans prendre en compte la pénibilité du travail et sans mesures contraignantes pour l'emploi des "seniors". Seuls 38,3 % des personnes âgées de plus de 55 ans étaient salariées en 2007 en France, contre 44,7 % dans l'ensemble de l'Union européenne.
Les syndicats estiment ainsi qu’un allongement de la durée de cotisation n'aboutira qu'à affaiblir le niveau des pensions.
Le gouvernement déterminé
Les propositions des syndicats se heurtent à l’inflexibilité du gouvernement. Le Premier ministre François Fillion rappelle qu’en aucun cas, il ne suspendra l'allongement à 41 ans. Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel justifie cette position : "Nous gagnons trois mois d'espérance de vie par an, ce qui fait que, en moyenne, quand on part à la retraite, nous avons 22 ans à vivre à la retraite".
Du côté des organisations patronales, le Medef assure que l’allongement progressif de la durée de cotisation constitue le "seul scénario" permettant de régler le problème du financement des retraites.
