Jérôme Kerviel - Société générale
Des "indices de complicité" dans l'affaire Kerviel
Vendredi 23 mai 2008
La Société générale relève des "indices de complicité d'un assistant trader" dans l'affaire qui lui a coûté 5 milliards d'euros de perte. La banque évoque des "défaillances dans la supervision" de Jérôme Kerviel. (Récit : K. Yahiaoui)
Vendredi 23 mai 2008
Par AFPLa hiérarchie de Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale soupçonné de falsifications qui lui ont fait perdre 4,9 milliards d'euros, a été "défaillante dans la supervision de ses activités", révèle le rapport interne de la banque publié vendredi.
Ce rapport, qui a été réalisé par l'Inspection générale de la banque, relève en outre des "indices de complicité" d’un assistant trader.
Pour l'Inspection, "les manoeuvres et l’habileté du trader à dissimuler ses positions, ses risques et ses résultats" lui ont permis d’éviter jusqu’en janvier 2008 la détection de ses positions.
Toutefois, "la fraude a été facilitée ou sa détection retardée par les faiblesses de la supervision du trader et du dispositif de contrôle des activités de marché", écrivent les inspecteurs.
"La hiérarchie du trader, qui constituait le premier niveau de contrôle, s’est avérée défaillante dans la supervision de ses activités", accuse le rapport. En effet, le supérieur immédiat de M. Kerviel "a fait preuve d’une tolérance inappropriée à la prise de positions" non autorisées de M. Kerviel sur les marchés.
Ce supérieur "manquait d’expérience du trading (courtage pour compte propre, ndlr) et n’a pas été suffisamment encadré dans ses nouvelles fonctions", avance-t-il.
Jérôme Kerviel est mis en examen pour "faux et usage de faux", "introduction dans un système de données informatiques" et "abus de confiance", dans cette affaire qui avait été révélée le 24 janvier 2008.
Le montant du résultat dégagé par le jeune trader (43 millions d'euros en 2007) aurait dû alerter sa hiérarchie, selon l'Inspection. Entre 2006 et 2007, son résultat a été multiplié par six, jusqu’à représenter 27% du résultat du "desk Delta One", le service d'arbitrage sur options pour lequel travaillait M. Kerviel.
Par ailleurs, évoquant une complicité interne, l'Inspection indique que "de nombreuses opérations de nature frauduleuse de Jérôme Kerviel ont été saisies" par un assistant trader. Elle mentionne aussi "un message électronique qui semble établir" que cet assistant "avait connaissance du résultat réalisé" par M. Kerviel "sur ses transactions frauduleuses".
Les inspecteurs confirment en revanche n'avoir pas identifié "d’indice de détournement de la part de" Jérôme Kerviel.
S'agissant des fonctions de contrôle, l'enquête de l'Inspection générale a révélé "certaines faiblesses", comme le fait que les moyens affectés à ces fonctions ont crû moins vite que les volumes d'opérations du pôles actions.
Il critique également la "fragmentation des contrôles entre plusieurs unités", et "l'absence de centralisation systématique des alertes et de remontée au bon niveau hiérarchique".
Il regrette enfin que, au niveau des back et middle office (chargés du suivi des opérations sur les marchés), la priorité ait été donnée "à la bonne exécution des transactions" plutôt qu'à la prévention du risque de fraude.
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