République de Centrafrique
Jean-Pierre Bemba accusé de crimes contre l'humanité
Dimanche 25 mai 2008
La Cour pénale internationale poursuit l'ancien chef de guerre Jean-Pierre Bemba pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Pensez-vous que ces chefs d'accusation sont justifiés ?
Dimanche 25 mai 2008
Par FRANCE 24L’opposant congolais en exil Jean-Pierre Bemba a été arrêté le 24 mai 2008. Il doit être transféré à la Cour pénale internationale (CPI) où il sera jugé pour crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il est soupçonné d’avoir commis des actes de tortures, des viols, des traitements humiliants et dégradants sur le territoire de la République centrafricaine, entre octobre 2002 et mars 2003. Voici, ci-dessous, une courte synthèse de vos commentaires. L’intégralité des réactions se trouve en bas de la page. Et n’hésitez pas à continuer de nous faire part de votre opinion, en cliquant sur le bouton "réagir".
L’arrestation de Jean-Pierre Bemba par les autorités belges a été perçue comme un soulagement par des internautes, mais plusieurs lecteurs ont fait remarquer que d’autres personnes au pouvoir en République démocratique du Congo n'étaient pas non plus exemptes de tout reproche.
Junior Kambala approuve ainsi l’initiative de la CPI tout en rappelant que Bemba n’est pas le seul à avoir commis des exactions : "J'encourage beaucoup l'initiative prise par la CPI pour l'arrestation des gens qui commettent les viols et crimes mais cela est un regret pour moi de constater qu’une très grande comme la CPI est incapable de faire son travail sur le continent Africains. Et Nkunda la CPI ne voit pas ce qu'il fait? Et pourquoi Patassé reste en liberté?"
Anonyme s’interroge quant à lui : "La CPI a peut-être oublié que comme rebelle, Joseph Kabila a aussi un bon nombre de vies à justifier. Serait-il pas un bon sujet pour la CPI ? Aussi longtemps que Laurent Nkunda, Azarias Ruberwa et autres sont libres après toute violence commise, les actions de la CPI seront à considérer comme sélectives. Il reste à savoir qui dicte les règles de sélection."
D’autres internautes ont fait le lien entre cette arrestation rapide de Jean-Pierre Bemba par Bruxelles et la crise diplomatique déclenchée par des propos du ministre belge des Affaires étrangères, qui aurait déclaré reconnaître au gouvernement belge un droit moral sur la RDC et ses dirigeants. Un autre Anonyme note : "J.P Bemba servi en monnaie d'échange ! Eh oui, suite à la crise entre la Belgique et Le Congo, quoi de mieux que d'offrir à Joseph Kabila, son principal opposant J.P Bemba en le mettant sous les verrous, une fois de plus la CPI prouve qu'il n'est qu'un organe d'exécution pour les lobby politiques en Europe et sa mission est de calmer les esprits, c’est triste!"
Ladec Balustra regrette le manque de doigté du gouvernement belge : "Je crois que personne ne peut tolérer ou accepter les crimes constituant les griefs retenus contre Bemba mais je pense que vu la situation sociopolitique au Congo, il aurait fallu gérer cette situation avec beaucoup de tact. Aujourd`hui plus que jamais, la voie est balisée pour l`instauration d`une dictature au Congo avec le pouvoir répressif de Kabila, qui n`a plus d`adversaire de taille."
La CPI déçoit même certains internautes, dont un Anonyme qui témoigne : "J'avais toujours, malgré moi, accordé assez de crédits à la CPI. Aujourd'hui, je suis choqué dans la mesure où tout le monde reconnaît les crimes perpétrés par tous ces dissidents de la FARDC conduit par le général déchu KUNDABATWARE. Les exactions, les viols, les vols et massacres continuent, pendant que la seule personne qui pouvait mener une opposition réelle - acquis par l'onction du peuple - va se retrouver écrouer et mis en examen. Je m'élève contre cette décision malvenue qui ne fait qu'accorder de plus en plus de pouvoir au président actuel et de le conforter dans la dictature que son pouvoir établit en R.D.Congo."
Enfin Antonio matuta, dénonce l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, qu’il considère comme une violation de son immunité parlementaire : "La CPI ou la Belgique aurait dû attendre la levée de son immunité par le Sénat congolais avant de procéder à l'arrestation du sénateur Jean pierre BEMBA GOMBO. Nous dénonçons avec la dernière énergie cette arrestation et nous disons non au néocolonialisme."
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ANALYSE
"L'immunité de Bemba n'empêche pas la Cour d'exercer ses compétences" Hala Al-Amine, juriste à la Cour pénale internationale, La Haye - 26/05 10:00 (GMT+2)
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