UPM : Alger fait de la résistance

UNION POUR LA MÉDITERRANEE
Alger fait languir Paris sur sa participation au sommet fondateur de l’Union pour la Méditerranée le 13 juillet. A l’occasion du Forum des pays méditerranéens, l’Algérie demande des éclaircissements sur la place d’Israël dans l’UPM.
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C’est un point de blocage presque aussi vieux que la Méditerranée elle-même : les pays arabes ont du mal à s’asseoir à la même table que les Israéliens.

 

En principe, le projet d’Union pour la Méditerranée avait tenté de contourner l’obstacle en mettant en avant des projets concrets, le moins politiques possible comme l’environnement ou les transports. Mais cela n’a pas suffi pour contourner l’obstacle. Le colonel Kadhafi a déjà dit qu’il ne viendrait pas au Sommet fondateur de l’UPM le 13 juillet à Paris à cause de la présence d’Israël.

 

Aujourd’hui l’Algérie conditionne sa participation à des éclaircissements sur cette question. En laissant entendre, rebuffade suprême pour Paris, qu’elle ne ferait connaître sa décision qu’à la veille du sommet.

 

Les relations entre l’Algérie et la France ne sont jamais simples. Et on ne peut s’empêcher de penser que le président Bouteflika veut régler quelques comptes avec la France et le président Sarkozy, le grand initiateur de l’Union pour la Méditerranée.

 

L’Algérie trouve que la France est trop proche du Maroc, notamment sur la question du Sahara occidental, trop proche de l’Egypte et de la Tunisie et, accessoirement, que la France ne donne pas assez de visas à ses citoyens.

 

D’autres pays arabes apparemment demandent des éclaircissements sans en faire forcément une condition. Car la vraie question est de savoir quel sera le rôle d’Israël dans cette Union pour la Méditerranée. 


Les pays arabes, très suspicieux, savent que l’Union Européenne devrait signer un partenariat renforcé avec Israël le 16 juin et que Nicolas Sarkozy doit aller dans l'Etat hébreu à la fin du mois. Si l’Europe se rapproche d’Israël, les pays arabes n’ont pas forcément envie de se rapprocher de l’Europe.

 

Cet échec de la réunion des ministres des Affaires étrangères à Alger est un contretemps très ennuyeux pour Paris.

 

Mais on peut aussi se dire qu’il reste plus d’un mois et que, si d’aventure, on arrivait à dépasser cette suspicion lancinante entre la France et l’Algérie, très symptomatique de la suspicion entre la rive nord et la rive sud, on aura fait un grand pas vers l’Union pour la Méditerranée.

Jean-Bernard Cadier

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