Les "murs" de Nicolas Sarkozy
De l’art de ne rien dire et de le dire si bien… Nicolas Sarkozy n’a strictement rien dit de nouveau sur la position française dans le conflit israélo-palestinien mais il a trouvé un ton et une façon de présenter les choses qui lui ont valu les louanges des deux bords, qualifié "d’ami intime" par le président Peres et de "courageux" par le président Abbas. Tout simplement parce qu’il s’est efforcé de ne pas tenir un langage trop différent à la Knesset et à Bethléem.
Les Israéliens ont aimé la fermeté contre l’Iran de ce président qui rappelle incidemment à la tribune que son grand-père était juif. Les Palestiniens l’ont trouvé beaucoup plus engagé pour leur Etat que ne l’avaient été à cette même tribune George Bush et Angela Merkel.
Sa dénonciation du "mur" même si elle n’est pas nouvelle (même Bush critique le mur) avait les accents de la sincérité et semblait porter une vision de long terme : "on ne se protège pas avec des murs".
Ce voyage était un premier obstacle, un premier "mur" à franchir sur la route de l’Union pour la Méditerranée. Il en reste d’autres au moins aussi hauts avant le sommet de Paris du 13 juillet.
Quand on y pense, passer d'Olmert à Abbas n’est pas si difficile dans la mesure où les deux hommes se rencontrent et se parlent régulièrement. Nicolas Sarkozy rêve d’organiser un sommet Olmert-Assad à Paris : c’est une autre paire de manches. Les Israéliens et les Syriens n’ont jamais négocié directement. Sans parler du président algérien Bouteflika qui fait toujours languir Paris sur sa présence ou non au Sommet du 13 juillet, et qui avec d’autres leaders arabes ont toujours du mal à s’asseoir à la même table qu’un Israélien.
Nicolas Sarkozy a dû faire soulever quelques sourcils dans le monde arabe lorsqu’il a condamné le Hamas en évoquant "ceux qui prennent le pouvoir par les armes et pas par les urnes". Il lui sera facilement rétorqué que le Hamas a été élu à Gaza. Le Proche-Orient reste décidément un terrain miné.
Il y a en fait tant de "murs" dans le bassin méditerranéen, des extrémistes aux modérés et du Maghreb à la Turquie, que l’on peut parler d’un véritable labyrinthe. Nicolas Sarkozy vient d’y entrer avec détermination. Espérons qu’il en trouvera la sortie.













