03 juillet 2008 - 15H59
- Farc - Ingrid Betancourt

Paris célèbre la libération d'Ingrid Betancourt
Un "rassemblement du bonheur" a eu lieu à l'Hôtel de Ville de Paris, où une photo d'Ingrid Betancourt est restée déployée pendant sa détention. L'ex-otage devrait revenir à Paris vendredi, selon l'Elysée.

Retrouvez "La libération d'Ingrid Betancourt, vue de Bogota", sur le site des Observateurs.
 
Ingrid raconte sa libération : "je pensais que c'était un miracle"

Analyses, portraits, reportages : retrouvez également notre dossier spécial sur Ingrid Betancourt, otage des FARC.

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Le rendez-vous était pris place de l’Hôtel de Ville à Paris. Là où trônait le portrait d’Ingrid Betancourt depuis plusieurs mois. Là où s’égrenait la durée de détention de la Franco-Colombienne. A présent, le titre "Libre" barre la photographie. Et le décompte des jours de détention s’est arrêté mercredi, à 2321 jours.

 

Des centaines de personnes sont venues pour exprimer leur joie après la libération d’Ingrid Betancourt. La manifestation a même été rebaptisée "rassemblement du bonheur". Beaucoup de Colombiens y étaient, mais aussi des étudiants, des familles, des personnes à la retraite, de Paris ou de province.

 

"Elle est libre !", s’est exclamé le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë. "Sa liberté est aussi notre liberté". Il a ensuite lancé un appel à la libération de tous les otages des FARC en Colombie.

 

"On a hâte de voir Ingrid", explique un responsable du comité de soutien, Hervé Marro. "Mais il faut se remettre au travail, se mobiliser pour faire libérer les autres otages", ajoute-t-il. "Ce serait de la lâcheté de les abandonner. Continuons à nous battre".

 

FRANCE 24 a glané quelques témoignages dans la foule.

 

"J’espère que la Colombie aura une meilleure image à l'étranger"

 

Alvaro Rocha, Colombien de 74 ans, a exercé le métier de diplomate, notamment en France, en Libye et à Chypre. Il a appris la nouvelle alors qu’il venait d’arriver en France, pour rendre visite à sa fille. "J’ai entendu la nouvelle à la radio ce matin. Et je suis très content. Ingrid a étudié au lycée français de Bogota avec ma fille aînée… Je connais bien la famille Betancourt. Et surtout, je suis content parce que ce sont les forces colombiennes qui ont réussi cette opération."

 

Un sentiment de fierté que partage sa fille de 28 ans, Maria-Béatrice Rocha, étudiante en Sciences humaines : "On est très fiers de notre président Uribe. L’armée a mené cette opération sans aucune aide [mais les Etats-Unis affirment y avoir contribué, ndlr]." Maria-Béatrice Rocha regrette seulement qu’Ingrid Betancourt soit plus médiatisée que ses autres compagnons libérés avec elle. "En Colombie, ce n’est pas une héroïne comme ici", affirme-t-elle. "Tous les autres aussi sont des héros de la guerre contre les FARC. Et je tiens à dire que les FARC sont des terroristes, des narco-trafiquants. J’ai l’impression que la France ne réalise que maintenant que les FARC ne sont pas des révolutionnaires romantiques."

 

Plusieurs autres Colombiens expriment leur fierté et leur impatience de voir tous les otages des FARC libérés, y compris les otages économiques. Karem Rey a 22 ans. Elle étudie le français à Paris depuis un an. "La Colombie et notre président Uribe ne jouissent pas d’une bonne image à l’étranger. Chavez et Correa [présidents du Venezuela et de l’Equateur, ndlr] ont beaucoup fait de mal à la réputation de notre pays. Mais avec cette opération, j’espère que cela va changer", dit-elle. "Et surtout, j’espère qu’on va bientôt avoir la paix en Colombie."

 

"J'adhère à ses idées"

 

Outre plusieurs dizaines de Colombiens, venus avec drapeaux et bannières, des Français avaient également fait le déplacement sur la place de l’Hôtel de Ville. "Pour voir ce qu’on allait faire avec cette image d’Ingrid Betancourt", explique François Montel, pharmacien de 48 ans, originaire du Puy-en-Velay, en Auvergne, et venu à Paris pour les vacances. "Ca fait six ans que je la soutiens. Pour son combat courageux de femme politique. J’adhère aussi à ses idées, en tant que sympathisant des Verts. J’espère à présent qu’elle va faire une belle carrière politique. Et qu’elle donnera du courage à d’autres femmes qui souffrent dans le monde, comme Aung San Suu Kyi en Birmanie."

 

Hélène Maeva, 30 ans, intermittente du spectacle, est venue de Poitiers spécialement ce matin. "J’ai appris la nouvelle alors que j’étais au volant. Je me suis garée, j’étais sous le choc. J’ai très peu dormi parce que je voulais voir les premières images. Et j’ai pris le train tôt ce matin pour être à Paris aujourd’hui." Hélène Maeva s’est identifiée à la famille d’Ingrid Betancourt : "J’ai pris conscience qu’il y avait là quelque chose de lourd lorsque j’ai entendu le témoignage de la fille d’Ingrid. Elle m’a émue. En tant que fille, je peux comprendre sa douleur. Tous les 23 février [jour de la prise en otage d’Ingrid Betancourt en 2002, ndlr], j’ai participé à des manifestations. Quitte à refuser du travail."

 

Kiwan Lilas, 20 ans, est d’origine palestinienne et sa famille vit en Syrie. Pour cette jeune étudiante en biologie, le combat pour la libération d’Ingrid Betancourt s’apparente à celui qu’elle mène avec sa famille pour la libération de prisonniers politiques en Syrie. "Je suis très mobilisée contre cette grande injustice que vivent les personnes emprisonnées pour leurs idées. C’est la fin de la captivité pour Ingrid, mais c’est le début d’autres combats, pour d’autres otages et d’autres prisonniers politiques dans le monde."

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