Le vice-président zambien Rupiah Banda a démenti jeudi le décès en France du président Levy Mwanawasa, annoncé par une radio sud-africaine.
Mwanawasa, 59 ans, a été hospitalisé près de Paris mardi après avoir été victime deux jours auparavant d'une attaque lors du sommet de l'Union africaine à Charm el Cheikh (Egypte).
"Le président a passé une nuit satisfaisante à l'hôpital militaire Percy en France. Les informations de presse (sur sa
mort) sont erronées", a dit Rupiah Banda dans un communiqué.
Il a précisé que le malade était dans un état stationnaire et recevait un traitement contre l'hypertension dans un service
de soins intensifs. "Les médecins qui le soignent sont contents des progrès constatés jusqu'ici", a-t-il dit.
Ni l'hôpital militaire Percy de Clamart, en banlieue parisienne, ni le ministère français des Affaires étrangères n'avaient confirmé le décès du chef de l'Etat zambien après la diffusion de cette nouvelle par la radio sud-africaine Talk Radio 702, qui citait l'ambassade de Zambie.
Le président sud-africain Thabo Mbeki, pour sa part, a dit aux journalistes avoir été informé de la mort de Mwanawasa par
le secrétaire exécutif de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).
Il a même demandé une minute de silence en sa mémoire lors d'une cérémonie à Pretoria pour honorer les victimes des
récentes violences xénophobes en Afrique du Sud.
Le ministère sud-africain des Affaires étrangères a ensuite fait état dans un communiqué d'un "malentendu" et le président Mbeki a souhaité un prompt rétablissement à son homologue zambien.
UN CRITIQUE DE MUGABE
Mwanawasa, dont le pays assure la présidence tournante de la Communauté pour le développement des Etats d'Afrique australe (SADC), est l'un des critiques les plus virulents du président zimbabwéen Robert Mugabe, dont le pays est en proie à une profonde crise politique et économique.
Les pays d'Afrique australe voisins du Zimbabwe font face à des afflux de réfugiés en conséquence de son effondrement
économique.
Mwanawasa, déjà victime d'une attaque bénigne en 2006, a été réélu l'an dernier.
Né le 3 septembre 1948, cet homme passionné à forte carrure a bâti sa réputation en tant qu'avocat de l'ancienne opposition, rôle dans lequel s'était affirmé son style direct et truculent.
Il est devenu vice-président en 1991, après l'éviction du président Kenneth Kaunda par Frederick Chiluba lors d'élections
pluralistes qui feront date en Zambie.
Après son accession à la présidence fin 2001, il s'attire les encouragements des pays occidentaux en déclenchant la plus
vaste opération anti-corruption qu'ait connue l'ex-colonie britannique depuis son indépendance (1964).
A la présidentielle de 2006, il l'emporte de justesse sur l'opposant Michael Sata, qui l'accusait de brader la Zambie aux
entreprises chinoises et indiennes.
Mwanawasa est l'un des dirigeants cités en exemple par le Fonds monétaire international et d'autres donateurs occidentaux qui ont effacé une grande partie de la dette zambienne après sa réduction des dépenses publiques et son offensive contre la corruption.
Mais en dépit de ces résultats et des investissements d'envergure de la Chine et de l'Inde, Mwanawasa ne parvient pas
à dissiper le sentiment grandissant, dans l'opinion, que sa politique fiscale n'a guère profité aux 11,5 millions d'habitants du pays.













