05 juillet 2008 - 20H43
- Bachar al-Assad - Syrie

Mutinerie meurtrière dans une prison près de Damas
Une ONG proche de l'opposition syrienne a affirmé qu'une mutinerie dans une prison au nord de Damas aurait entraîné la mort de 25 détenus. Elle a demandé au président syrien, Bachar al-Assad, d'"'arrêter le massacre".

Une organisation non gouvernementale proche de l'opposition syrienne a affirmé qu'une mutinerie avait éclaté samedi dans une prison au nord de Damas et que 25 détenus au moins avaient été tués.

"Des prisonniers islamistes ont commencé à se mutiner ce matin dans la prison" de Saydnaya, située à une quarantaine de km au nord de la capitale, selon un communiqué de l'Observatoire syrien pour les droits de l'Homme (OSDH) reçu à Nicosie.

Le communiqué citait un premier bilan de dix morts mais un responsable de l'OSDH, interrogé ensuite par l'AFP par téléphone, a ajouté que le nombre des tués avait augmenté à 25.

L'organisation basée à Londres a ajouté que quelque 400 militaires détenus dans la prison avaient été pris en otages par les mutins pour faire pression sur les autorités.

L'Observatoire a dit avoir joint dans un premier temps un détenu politique anonyme sur son téléphone portable dans la prison puis des parents de prisonniers.

L'ONG, dont le site fait état d'"affrontements entre prisonniers et forces de sécurité", affirme que la mutinerie se poursuivait en milieu de journée.

Des prisonniers sont montés sur les toits et des hélicoptères survolaient les lieux, a-t-elle ajouté.

L'OSDH dit en outre avoir reçu des appels téléphoniques de proches des détenus qui ont appelé le président syrien, Bachar al-Assad, à intervenir pour faire cesser les violences.

Les autorités syriennes n'avaient pas réagi à ces affirmations et aucune information n'avait été obtenue d'autres sources dans l'immédiat.

La prison de Saydnaya, l'une des plus grandes de Syrie, a été achevée en 1987 pour accueillir normalement 5.000 détenus, et jusqu'à 10.000 si elle est bondée, selon le Comité syrien des droits de l'Homme, une autre ONG proche de l'opposition.

L'organisation ajoute que la prison était destinée à recevoir essentiellement des détenus de droit commun mais qu'y sont également emprisonnés des politiques.

Elle affirme qu'on y trouvait en 2004 plusieurs centaines de Frères musulmans, ainsi que des militants de l'opposition de gauche, des Palestiniens, des salafistes, des gens qui seraient liés à Al-Qaïda et même des militaires.

Les autorités syriennes mènent une répression contre les adversaires du régime, en particulier les membres de partis de l'opposition laïque qui avaient réclamé en 2005 "un changement démocratique et radical" dans un texte intitulé "Déclaration de Damas", soutenu par les Frères musulmans syriens (basés à Londres), bêtes noires de Damas.

Ces opposants se sont dotés en décembre d'une direction dans un Conseil national. Plusieurs de ses membres ont ensuite été arrêtés.

La mutinerie présumée intervient à une semaine de la visite à Paris du président Assad qui doit y rencontrer son homologue français Nicolas Sarkozy.

Le président syrien a été invité en France avec une quarantaine d'autres dirigeants pour le lancement, le 13 juillet, de l'Union pour la Méditerranée.

Cette reprise de contact doit marquer la fin d'une longue brouille entre Paris et Damas, qui avait connu son point culminant avec l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en février 2005.

 

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