06 juillet 2008 - 10H42
- G8 - Japon

Arrivée des dirigeants du G8 sur l'île d'Hokkaido
Les dirigeants des pays du G8 ont commencé à se rassembler sur les bords d'un lac dans le nord de Japon, protégés par des mesures de sécurité draconiennes pour tenir à distance les nombreux manifestants.

Les dirigeants du G8 doivent entamer lundi à Toyako (Japon) un sommet dominé par la crise économique, la hausse du cours des matières premières et la lutte contre le réchauffement climatique alors que des manifestants altermondialistes se rassemblaient dans la ville voisine de Sapporo.
   
Les premiers dirigeants, dont le président américain George W. Bush, sont arrivés dimanche à Sapporo avant de gagner le site du sommet, un hôtel de luxe sur les bord du lac Toya sur l'île de Hokkaido, dans le nord du Japon.
   
Parmi eux, l'hôte du sommet, le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda, qui devait rencontrer dimanche le président américain George W. Bush, avant une conférence de presse commune.
   
Quatre personnes, dont un cameraman, ont été arrêtées dimanche à Sapporo (nord) lors de manifestations contre la tenue du sommet.
   
Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dans les rues de cette grande ville à environ 150 kilomètre du lieu du sommet. Les défilés se déroulaient dans le calme mais les policiers, dont plusieurs milliers ont été mobilisés pour l'occasion, ont arrêté trois manifestants japonais et un caméraman, également japonais, travaillant pour l'agence Reuters, a annoncé celle-ci.
   
Le G8 rassemble les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Italie, du Japon et de la Russie.
   
Leurs sommets ont été ces dernières années la cible de manifestations altermondialistes dont les plus violentes avaient eu lieu à Gênes (Italie) en 2001 et avaient fait un mort.
   
Selon la chancelière allemande Angela Merkel, une série de mesures va être annoncée lors du sommet pour "soulager à court terme la crise alimentaire" mondiale et prévoir "une stratégie à long terme pour augmenter la production agricole mondiale".
   
L'hebdomadaire Der Spiegel à paraître lundi cite un document envoyé par Mme Merkel à ses collègues du G8 indiquant que cette crise pourrait "mettre en danger la démocratisation, déstabiliser des Etats et se transformer en problèmes pour la sécurité internationale".
   
Le G8 se réunit alors que l'économie des principaux pays industrialisés connaît une période de fort ralentissement provoqué par la hausse des prix du pétrole et les conséquences de la crise financière qui secoue les Etats-Unis et l'Europe depuis l'été dernier.
   
La Chine, qui ne fait pas partie du G8, sera invitée à Toyako en la personne du président Hu Jintao. Plusieurs dirigeants de pays africains seront également présents.
   
Le G8 avait promis lors du sommet de Gleneagles (Ecosse) en 2005 de doubler son aide à l'Afrique pour la porter à 50 milliards de dollars par an d'ici 2010, un objectif qu'ils pourraient, selon plusieurs Organisations non gouvernementales, se montrer incapables d'atteindre.
   
Le G8 devrait également se pencher sur la situation au Zimbabwe. Interrogé dans l'avion qui transportait le président américain vers Sapporo, un responsable de la Maison Blanche a indiqué que les pays du G8 vont "sérieusement poser la question de la légitimité du gouvernement" de Robert Mugabe.
   
"Je pense que cela figurera dans le communiqué final" qui sera publié mardi à l'issue de la réunion, a indiqué ce responsable, Dennis Wilder.
   
Les pays participants devaient tenir mercredi une réunion consacrée à la lutte contre le réchauffement climatique dans le cadre d'un sommet des "Major Economies" (MEM).
   
Ce forum, lancé par les Etats-Unis l'an passé, associe G8, les "Big Five" (Chine, Inde, Afrique du Sud, Brésil, Mexique) ainsi que l'Australie, la Corée du sud et l'Indonésie plus, comme observateurs, les Nations unies et l'Union européenne.
   
Le plus haut responsable de l'ONU pour la lutte contre le changement climatique, Yvo de Boer, a toutefois indiqué qu'il ne s'attendait pas à une percée lors de cette réunion alors que les pays participants n'arrivent pas à s'entendre sur un objectif chiffré de réduction de leurs émissions polluantes.

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