Les trois ministres français devant à tour de rôle présider le Conseil Justice-Affaires intérieures (JAI), lundi et mardi à Cannes (Alpes-Maritimes), tenteront, chacun dans leur domaine, de mettre en musique l'Europe "protectrice" appelée de ses voeux par Nicolas Sarkozy.
Porteur du Pacte sur l'immigration et l'asile qui vise notamment à privilégier l'immigration de travail et à lutter contre les clandestins en renforçant les contrôles aux frontières et en facilitant le renvoi de ceux qui ont réussi à passer entre les mailles du filet, Brice Hortefeux (Immigration) a affirmé à l'AFP "ambitionner une adoption à l'unanimité".
Il espère que le fait d'avoir "pris (son) bâton de pèlerin" pour le présenter à chacun de ses homologues depuis 6 mois permettra d'atteindre cet objectif, mais promet de rester "attentif aux remarques, aux suggestions".
C'est un sujet, dit-il, où "l'attente (est) extrêmement forte" car "tous les pays de l'Union sont déjà confrontés au défi de l'immigration ou s'apprêtent à le devenir".
En matière de lutte contre le terrorisme, la cyberpédopornographie ou la grande criminalité, Michèle Alliot-Marie (Intérieur), plutôt qu'imposer un modèle français, plaidera en faveur d'une mise en commun des compétences en disant à chacun: "vous avez des instruments, notre problème n'est pas de (les) mettre en cause, mais de (les) utiliser au mieux".
Mais elle reconnaît que "créer des procédures nouvelles provoque une réticence de pays ayant le sentiment qu'on méprise ce qu'ils font" déjà.
Rachida Dati (Justice) veut elle aussi privilégier le partage de compétences, mais également "l'explication politique, plutôt que technique".
Son objectif est notamment de renforcer les pouvoirs d'Eurojust, l'organisme de coopération judiciaire de l'Union européenne, "non pour être intrusif en terme de politique pénale dans un pays donné, mais pour être efficace au niveau européen", dit-elle.
Elle préfère en outre "restreindre les priorités et les rendre concrètes plutôt que de dresser un catalogue". A cet égard, elle présentera à ses homologues un film sur l'exercice "alerte-enlèvement" organisé en commun par la Belgique, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas le 12 juin, en souhaitant que d'autres Etats-membres y adhèrent.













