Retrouvez notre dossier spécial sur les déchirements politiques au Pakistan.
La madrassa de la Mosquée rouge est à nouveau ouverte. Sur les ruines de l’ancienne école coranique, des fillettes drapées dans des voiles colorés se balancent avec ferveur en récitant le Coran devant des pupitres installés en plein air.
Un an après l’assaut de l’armée pakistanaise sur le fief des radicaux islamistes, les fidèles de la Mosquée rouge ont repeint le temple. Ils s’apprêtent maintenant à occuper les vestiges des bâtiments qui l’entouraient.
Depuis l’assaut contre la mosquée, le Pakistan est régulièrement secoué par des attentats perpétrés par des islamistes et à Islamabad, la virulence des fidèles est toujours aussi vive. L’un des chefs radicaux justifie le recours aux attentats suicides en "réaction" à la brutalité de l’Etat pakistanais. Il se fait menaçant : "Ce n’est pas fini, la fumée se lèvera encore dans le futur".
Ces radicaux exigent l’application de la loi islamique, la charia, dans tout le pays, et prônent la guerre sainte contre le président Musharraf et ses alliés américains. Pour ces islamistes, le combat pour l’islam est également une lutte contre l’influence américaine : "Musharraf et les Américains sont responsables de la destruction de la Mosquée rouge. Il y a longtemps que les Américains nous avaient ciblés comme un danger pour eux", explique l’épouse d’Abdul Aziz, un chef religieux de la mosquée. "Mais nous croyons en Dieu et Dieu sera meilleur pour nous", ajoute- t-elle.














