11 juillet 2008 - 11H09
- Iran - Pétrole

Total explique le gel de ses investissements en Iran
Invité du Talk de Paris, sur FRANCE 24, le patron du groupe pétrolier Total Christophe de Margerie s'explique sur sa décision de geler ses projets pétroliers en Iran. Regardez la première partie de l'entretien.

Retrouvez le script intégral de l'émission "Le Talk de Paris".

 

 

Le patron du groupe Total, Christophe de Margerie, a déclaré trop risqué d'investir actuellement en Iran. Invité du "Talk de Paris", sur FRANCE 24, diffusé vendredi, il a explicité sa décision.

"Total ne se retire pas d’Iran mais ne lance pas son projet de South Pars", nuance le PDG du groupe Total. Je considère que pour tout investissement important impliquant plusieurs milliards de dollars, l’entreprise a la responsabilité de s’assurer qu’elle se développe dans un environnement aussi calme que possible. Ce n’est pas le cas aujourd’hui."

Le groupe pétrolier français négocie depuis des années avec l'Iran l'exploitation de réserves de gaz à South Pars, un des plus grands gisements au monde, et prévoit de créer une installation produisant du gaz naturel liquéfié (GNL) pour l'exportation.

"Pas de pressions étatiques"

 

Interrogé par Ulysse Gosset sur d’éventuelles pressions étatiques, le PDG du groupe affirme ne pas en être victime. "Nous n’en avons pas reçu", indique-t-il. "L’Etat fait part de ses convictions, de ses envies, mais c’est à nous de savoir ce qu’on en fait". En octobre 2007, Paris avait invité les sociétés privées à ne plus investir en Iran et en Birmanie.

 

"Il est hors de question d’arrêter ce projet. Il est hors de question d’y renoncer ou de l’abandonner, mais il est probablement nécessaire d’attendre que les choses, comme je le souhaite, s’améliorent : que l’Iran puisse retrouver des relations meilleures avec ses voisins [...] Il y a un gel de facto de ce projet", a expliqué Christophe de Margerie.

 

Jeudi, Téhéran a procédé à de nouveaux essais de missiles dans le Golfe, ce qui fait monter d'un cran la tension avec Israël et les pays occidentaux.

Face à la décision du PDG de Total, l'Iran a réagi : selon l'agence Reuters, Téhéran se dit prêt à développer son champ gazier sans l'aide de la compagnie française. "L’Iran a pris la mouche", confirme Christophe de Margerie en précisant qu’il ne pensait pas "qu’il y avait un vrai risque de perdre le marché, mais un risque quand même". Même si l'Iran possède les deuxièmes réserves mondiales de gaz derrière la Russie, il lui est déjà arrivé par le passé de ne pas en extraire suffisamment pour son marché intérieur, au point d’être contraint de suspendre ses exportations.

"Il faut s'habituer à un prix de l'énergie cher"

Total a produit en 2007 15 000 barils de pétrole par jour en Iran, sur une production totale proche de 4 millions de barils par jour, selon l'OPEP.

Dans le "Talk de Paris", le patron du groupe français est également revenu sur la hausse des prix du pétrole, affirmant qu’"il fallait s'habituer à un prix de l'énergie cher". Et d’ajouter : "Ce qui fait mal, ce n’est pas le prix en tant que tel mais la rapidité de la hausse."

"Si on passe à 200 dollars en deux ou trois jours, c'est catastrophique. S'il passe à 200 en dix ou quinze ans c'est plus que normal", a-t-il expliqué. Mais il a relativisé sur le fait d’atteindre les 200 dollars le baril avant la fin de l’année. "Ca me parait peu probable", a-t-il estimé.

Répondre

To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Fermer