Les Colombiens manifesteront massivement dimanche, le jour de leur fête nationale, pour réclamer la libération de quelque 3.000 de leurs compatriotes otages et, en parallèle, des dizaines de manifestations de soutien seront organisées à travers le monde.
A cette occasion, quelque trente kilos d'explosifs que des présumés membres des Farc auraient pu utiliser lors de cette manifestation ont été saisis, ont annoncé vendredi les services du Procureur de Bogota.
Deux guérilleros présumés des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc,marxistes) ont été arrêtés avec ces explosifs dans leur véhicule, selon le Corps Technique de Recherches (CTI) des services du Procureur.
Mobilisés sur le thème "libérez les (ndlr: otages) maintenant", les manifestants défileront dans les rues de plus d'un millier de villes colombiennes ainsi que dans quelque 80 grandes villes dans le monde, dont Paris où un concert sera organisé en présence de l'ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.
Une cérémonie officielle aura également lieu à Leticia, une localité amazonienne frontalière du Pérou et du Brésil, où se déroulera un défilé militaire pour célébrer l'Indépendance de la Colombie (colonie espagnole jusqu'en 1810).
L'hymne national colombien sera interprété par la chanteuse Shakira en présence des présidents Alan Garcia (Pérou), Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil) et Alvaro Uribe (Colombie).
A Bogota, la marche des manifestants les verra converger vers la place Bolivar, dans le centre de la capitale.
Les organisateurs espèrent réunir plus de 4 millions de personnes.
Les autorités, comme les médias, lancent depuis la semaine dernière des appels incessants à la mobilisation.
C'est la troisième fois, cette année, que sont organisées de telles manifestations.
Le 4 février, plus de 4 millions de personnes avaient défilé à l'appel des autorités pour demander la libération des otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc - marxiste).
Et le 6 mars, des dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées à Bogota et dans une vingtaine de villes colombiennes, en soutien aux victimes des groupes paramilitaires et contre la politique anti-terroriste de M. Uribe.
Mme Olga Lucia Gomez, directrice de la fondation "Pays libre" qui travaille au soutien des victimes d'enlèvements, a déclaré à l'AFP que ces manifestations visaient "à exiger non seulement la libération des otages de la guérilla, mais aussi celle de toutes les personnes séquestrées quels que soient les ravisseurs".
Pour Julio Roberto Gomez, le président de la Centrale générale des travailleurs (CGT, démocratie-chrétienne), ces manifestations "constituent une occasion de faire connaître les noms des otages anonymes".
Le nombre d'otages aux mains des Farc, selon les estimations, seraient entre 350 et 700. Plus de 2.000 autres sont également retenus par l'Armée de libération nationale (ELN - guérilla guévariste), les groupes paramilitaires (milices d'extrême droite) et les gangs mafieux.
Des manifestations parallèles de soutien se tiendront dans 26 villes d'Amérique latine, 20 villes européennes, 6 villes asiatiques, 27 villes américaines et 4 canadiennes.
Des duplex avec Bogota sont prévus dimanche au cours du grand concert parisien. Des dizaines de vedettes sont attendues dont le chanteur colombien Juanes "emblématique pour la Colombie", a insisté Mme Betancourt.













