23 juillet 2008 - 04H39
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Chavez discute armement et énergie à Moscou
En visite à Moscou, le président vénézuélien Hugo Chavez a rencontré, mardi, le président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre Vladimir Poutine pour aborder les questions de coopération énergétique et militaire entre les deux pays.

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Le président vénézuélien Hugo Chavez, ennemi juré des Etats-Unis, a discuté mardi d'achats d'armements à Moscou et convenu d'un renforcement de la coopération énergétique avec la Russie, géant mondial du gaz et du pétrole.
  
"J'observe avec un grand respect et un grand amour la renaissance de la Russie", a déclaré M. Chavez, qui entamait à Moscou une tournée européenne devant le conduire également au Bélarus, au Portugal et en Espagne, au début d'un entretien avec son homologue russe Dmitri Medvedev.
  
Le leader de la gauche radicale en Amérique latine, grand pourfendeur de "l'impérialisme américain", aime à afficher une relation privilégiée avec la Russie, où il a rappelé s'être rendu six fois ces dernières années.
  
Il a transmis au nouveau président russe le "salut" de Fidel Castro. "Fidel parle de crise de la raison, surtout dans les pays les plus puissants. La Russie a retrouvé la raison", a-t-il dit.
  
"Pour notre défense, la coopération militaro-technique (avec Moscou) est particulièrement importante", a-t-il ajouté à l'issue de l'entretien dans la résidence présidentielle de Barvikha, près de Moscou.
  
Selon des sources russes, le Venezuela, qui a entrepris une modernisation en profondeur de son armée, étudie l'acquisition de systèmes de missiles sol-air TOR-M1, de sous-marins et de chars russes. Rien n'avait filtré dans la soirée sur la conclusion d'éventuels contrats d'armements.
  
Ces dernières années, la Russie a déjà vendu au Venezuela pour 3,5 milliards de dollars d'équipements militaires - dont 24 avions de chasse Soukhoï, 50 hélicoptères de combat et 100.000 fusils d'assaut Kalachnikov - une coopération très mal vue par les Etats-Unis.
  
Si la Russie soigne ce gros client militaire, elle garde toutefois ses distances avec les discours antiaméricains du président vénézuélien et préfère mettre l'accent sur la coopération bilatérale.
  
"La Russie et le Venezuela sont deux grandes puissances pétrogazières et la sécurité énergétique dépend également de nos actions conjointes. Nous allons travailler en coordination mais notre coopération n'est pas dirigée contre des pays tiers", a dit M. Medvedev.
  
L'idée d'un cartel du gaz sur le modèle de l'Opep, qui inquiète les pays consommateurs en raison de son impact potentiel sur les prix du gaz, reste d'actualité, a-t-il au passage relevé.
  
Les deux présidents ont assisté à la signature d'accords de coopération entre trois groupes russes - Gazprom, Loukoïl, TNK-BP - et la compagnie d'Etat vénézuélienne PDVSA pour l'exploration pétrolière et l'évaluation des réserves gazières au Venezuela.
  
M. Chavez a ensuite retrouvé son "ami" Vladimir Poutine, l'ex-président devenu Premier ministre, qui a promis de répondre à son invitation à se rendre à Caracas.
  
"Je veux te remercier pour tout le soutien que tu nous as apporté avec une telle fermeté", a déclaré le chef de l'Etat vénézuélien, reçu à la résidence du Premier ministre à Novo Ogarevo, près de Moscou.
  
M. Poutine a noté que Moscou voulait "diversifier" ses relations économiques avec Caracas "dans toutes les directions".
  
Les deux dirigeants ont discuté "de coopération, y compris dans le domaine militaro-technique", a déclaré le porte-parole de M. Poutine, Dmitri Peskov, à la fin de l'entretien.
  
Selon M. Chavez, le Venezuela va continuer à développer sa coopération militaire avec Moscou.
  
"Nous finalisons la question (concernant la livraison) des avions de chasse Su-30, nous travaillons (ensemble) sur la création d'un système intégral de défense antiaérienne", a déclaré le président vénézuélien, lors d'une conférence de presse à Moscou, diffusée en direct sur la chaîne russe d'information en continu Vesti 24.
  
"Nous allons à pleines voiles", a-t-il souligné.
  

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