3000 sacs d’ossements humains. C’est tout ce qui reste du massacre de plus de 8 000 Bosniaques, à Srebrenica en juillet 1995.
Alors qu’un des principaux responsables de ce génocide, Radovan Karadzic, arrêté à Belgrade, en Serbie, tente de repousser son transfert vers le Tribunal pénal international sur l’ex-Yougoslavie à La Haye (Pays-Bas), des milliers de sacs de restes humains attendent d’être identifiés dans un laboratoire du centre de la Bosnie, à Tuzla, à 50 kilomètres de Srebrenica.
Dans l’entrepôt climatisé qui abrite les preuves de ce massacre, Laura Yazedjian et son équipe de médecins légistes analysent depuis sept ans, dans une odeur nauséabonde, tout ce qui est déterré des fosses communes. Un seul objectif : identifier chaque corps. Chaque sac est référencé précisément. Mille squelettes attendent encore d’être identifiés.
"La fosse commune s’appelle Budac. Elle a été trouvée dans la municipalité de Srebrenica… C’est la fosse numéro 1 et elle a été exhumée en 2005", précise Laura Yazedjian. A côté d’elle, un squelette est en cours d’identification. Un homme, 50 ans, tué d’une balle dans la tête. Alors que les forces serbes, menées par le général Ratko Mladic, toujours en fuite, encerclaient la communauté de Srebrenica, les habitants, des musulmans, tentèrent de fuir. Ceux qui choisirent de se rendre, des hommes pour la plupart, ont tout simplement été exécutés.
Pour les médecins légistes, l’analyse se concentre sur les fémurs ou les dents des victimes. "Nous avons pris un échantillon du fémur. C’est dans le fémur et les dents qu’on trouve le plus d’ADN, donc là on a 94 % de chances d’extraire de l’ADN", explique Laura Yazedjian. Les résultats sont comparés à l’immense base de données du laboratoire. 80 000 Bosniaques ont donné une goutte de leur sang. Si la victime faisait partie d’une de ces familles, son ADN suffira à l’identifier.














