06 août 2008 - 16H07

Israël va libérer environ 150 prisonniers palestiniens
À l'issue d'une rencontre entre Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas à Jérusalem, Israël a annoncé la libération de quelque 150 détenus palestiniens, pour le 25 août.

Israël libérera le 25 août plus d'une centaine de prisonniers palestiniens "en signe de bonne volonté" envers le président Mahmoud Abbas qu'Ehud Olmert a reçu mercredi à Jérusalem, a-t-on annoncé de sources israélienne et palestinienne à l'issue de la rencontre.

 

Marc Regev, porte-parole du Premier ministre israélien, n'a pas précisé combien des 11.000 détenus palestiniens en Israël seraient élargis. Selon le négociateur palestinien Saëb Erekat, leur nombre se situerait entre 120 et 150, "voire plus".

 

Abbas avait annoncé son intention de soulever cette question des prisonniers lors de son tête-à-tête avec le Premier ministre israélien, qui devait être suivi par une réunion avec les négociateurs des deux camps.

 

Parmi les déténus dont Abbas réclame la libération figure le très populaire chef du Fatah en Cisjordanie Marouane Barghouti, qui purge une peine à perpétuité en Israël après avoir été jugé coupable de multiples assassinats en tant que chef présumé des Brigades des martyrs d'Al Aksa.

 

Le Hamas a inscrit également le nom de Barghouti sur la liste des prisonniers dont il souhaite la remise en liberté en échange de celle du sergent franco-israélien Gilad Shalit, aux mains de son aile militaire depuis juin 2005.

 

Certains responsables israéliens n'excluent plus de faire à Abbas le cadeau de la libération de Barghouti pour renforcer sa main face au Hamas, plutôt que de le remettre au mouvement islamiste dans le cadre de l'échange contre la libération de Shalit que l'Egypte tente de négocier. Mais Regev s'est catégoriquement refusé à évoquer des noms.

 

Israël avait déjà remis en liberté 429 détenus palestiniens en décembre, dans la foulée de la relance du processus de paix lors de la conférence de paix d'Annapolis sous la houlette de George Bush.

 

Olmert et Abbas avaient promis alors au président américain de tout faire pour conclure un traité de paix avant son départ de la Maison blanche, en janvier 2009.

 

Livni résiste aux pressions US

 

Mais ce processus s'est avéré lent et laborieux au fil des mois et plus incertain encore depuis qu'Olmert, cerné par les scandales et lâché par son camp politique, a annoncé la semaine dernière qu'il démissionnerait à la mi-septembre.

 

Sa ministre des Affaires étrangère Tzipi Livni, qui dirige les négociations avec les Palestiniens, est donnée favorite pour lui succéder à la tête de Kadima et, dès lors, du gouvernement.

 

Mais la formation d'un nouveau gouvernement de coalition pourrait prendre des semaines, voire des mois, ce qui pourrait amener Olmert à expédier les affaires courantes jusqu'à la fin de l'année.

Il s'est dit résolu à exploiter tout le temps qu'il restera à la tête du gouvernement pour faire avancer le processus de paix mais il reste à voir s'il en aura l'autorité politique nécessaire en tant que Premier ministre intérimaire.

 

Les Etats-Unis, dont la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice est attendue à la mi-août dans la région, font donc pression sur les Israéliens et les Palestiniens pour qu'ils aboutissent à un document commun dès le mois de septembre.

 

Mais, selon son entourage, Livni rechigne à conclure un document écrit qui pourrait être utilisée contre elle par ses adversaires, dont le "faucon" Shaul Mofaz, dans la course à la succession d'Olmert à la tête de Kadima.

 

Olmert lui-même avait estimé récemment qu'aucun accord n'était possible sur le statut de Jérusalem cette année, bien que d'autres questions centrales - contour des frontières et sort des réfugiés - étaient surmontables.

 

Olmert et Abbas se rencontrent régulièrement depuis la réunion d'Annapolis et le Premier ministre israélien avait assuré à la mi-juillet à Paris qu'ils n'avaient jamais été aussi près d'un accord.

Leur rencontre de mercredi est la première depuis qu'Olmert a annoncé sa démission programmée. De source israélienne, on affirme que son objectif était de montrer que les incertitudes politiques en Israël ne feront pas dérailler le processus de paix.

"Ce processus se poursuivra. Les deux parties, les Israéliens comme les Palestiniens, se sont engagées à avancer sur le chemin tracé à Annapolis", a assuré Rege.

Répondre

To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Fermer