18 août 2008 - 18H46
- Aérospatiale - Croissance - France - François Fillon - José Luis Zapatero - Union européenne

Les pays de l'UE à la recherche de la croissance
Depuis plusieurs semaines, les voyants sont au rouge pour l'économie européenne. Les gouvernements des pays en difficultés, comme la France ou l'Espagne, ont décidé de réagir. Mais leur marge de manœuvre paraît limitée.

Le Premier ministre François Fillon a souhaité lundi que les Européens adoptent une "réponse coordonnée" à la dégradation de la situation économique internationale.
  
"Il doit y avoir une réponse coordonnée des différents pays européens" à la crise, et la "responsabilité" de la France, en tant que présidente en exercice de l'Union européenne, est de "susciter le débat autour de la coordination des politiques économiques européennes", a dit M. Fillon lors d'une conférence de presse à Matignon.
  
Le chef du gouvernement, qui s'est entretenu la semaine dernière avec Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, a notamment évoqué l'échéance du prochain sommet des ministres des Finances de l'UE, les 12 et 13 septembre à Nice, pour y aborder cette question.
  
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, devrait proposer "dans les jours qui viennent au président et à moi-même une méthode pour engager cette discussion lors des réunions des ministres européens des Finances" en septembre, a précisé François Fillon.
  
Il s'agit de "proposer une méthode pour que l'ensemble des pays européens construise une réponse commune (...) et engagent cet effort de coordination  qui, il faut bien le dire, pour le moment, n'a pas eu lieu", a-t-il ajouté.
  
"Dans une Europe unifiée sur le plan économique, dans une zone euro unifiée sur le plan monétaire, il doit y avoir une réponse coordonnée des différents pays européens", alors que "c'est la première fois depuis la création de l'euro que la zone euro a un chiffre trimestriel (de croissance, ndlr) négatif", de -0,2%, a-t-il insisté.
  
"Nous avons un espace économique commun, une monnaie commune" et cela rend une coordination "indispensable", a-t-il plaidé.
  
M. Fillon s'est également félicité du fait que "depuis quelques semaines, la parité se rétablit entre l'euro et le dollar", ce qu'il a attribué en partie à la politique qui est menée par la Banque centrale européenne.
  
Interrogé sur une éventuelle baisse des taux de la BCE, le Premier ministre a tenu à souligner qu'il n'y avait "pas de pression sur la Banque centrale européenne, qui est indépendante", alors que les relations entre Paris et le patron de la banque Jean-Claude Trichet sont difficiles.
  
Par ailleurs, "il faut encourager la discussion qui s'est engagée" également avec la Chine sur la parité yuan-euro, a-t-il demandé.
  
Pour la première fois depuis 2002, le produit intérieur brut (PIB) français a reculé de 0,3% au 2e trimestre, conduisant le gouvernement à précipiter sa rentrée initialement prévue jeudi. Le recul du PIB dans l'ensemble de la zone euro a été de 0,2%.

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