François Fillon a réagi lundi au brusque coup de froid sur la croissance en France en écartant un plan de relance "ni possible, ni souhaitable", et en misant plus que jamais sur les réformes structurelles.
Le Premier ministre, qui s'exprimait à l'issue d'une réunion de crise à Matignon, a également refusé d'interpréter comme l'annonce d'une récession l'estimation par l'Insee d'un recul de 0,3% du produit intérieur brut au 2e trimestre.
Ce chiffre "n'est pas une surprise" et n'est que "le reflet français de la tendance générale de l'économie mondiale dans cette période", c'est-à-dire "un ralentissement", a dit M. Fillon en soulignant la nécessité de faire preuve de "sang-froid".
"2008 sera une année de croissance positive" et "je ne crois pas qu'il soit raisonnable de parler de récession", a-t-il insisté, en maintenant l'objectif de déficit public pour 2008 à 2,5% du PIB. La prévision de croissance pour cette année (entre 1,7% et 2%) sera en revanche "ajustée" lors de la présentation du budget 2009 à l'automne, a-t-il précisé.
M. Fillon a appelé à "bien distinguer ce qui est conjoncturel et ce qui est structurel".
La conjoncture "sera difficile pendant quelques mois", mais "l'essentiel est dans les réformes structurelles", a-t-il dit, car ce sont elles qui "seront déterminantes à moyen terme lorsque l'environnement international sera meilleur".
"Nous avons besoin de réformes de structures, pas d'un plan de relance qui serait artificiel", a plaidé le chef du gouvernement, pour qui "l'objectif principal du gouvernement" est de "rétablir la compétitivité".
Le Premier ministre a enfin mis en lumière des "éléments positifs" apparus ces dernières semaines, tels que la hausse du nombre des créations d'entreprises, la progression du crédit ou le recours croissant aux heures supplémentaires, qui concerneraient désormais "plus de 6 millions de salariés".
Sur le plan international, il a notamment salué "une inversion de tendance", citant la récente baisse de l'euro, celle du pétrole et des matières premières.
La réunion des six ministres chargés de l'économie autour de M. Fillon n'a pas débouché sur des annonces spectaculaires.
Le Premier ministre a demandé à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, d'"accélérer l'adoption des décrets d'application de la loi de modernisation de l'économie", citant notamment les mesures pour réduire les délais de paiement, "aider les entreprises à rattraper leur retard de compétitivité", et "simplifier la vie des PME" en favorisant leur accès au crédit.
Il a également souligné que les deux projets de loi -sur l'intéressement et la participation et instituant le revenu de solidarité active- que le Parlement examinera en septembre, visent à soutenir le "pouvoir d'achat" des Français "les plus modestes" pendant la crise actuelle.
M. Fillon a enfin confirmé la mise en oeuvre de la prime à la cuve "remaniée" et de la "contribution transport", une aide financière aux déplacements domicile-travail des salariés.
Le Premier ministre a souhaité par ailleurs que les Européens adoptent une "réponse coordonnée" à la dégradation de la situation économique internationale. Il a évoqué l'échéance du prochain sommet des ministres des Finances de l'UE, les 12 et 13 septembre à Nice pour y aborder cette question.













