URGENT
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21 août 2008 - 03H40
- France - François Fillon

La rentrée du gouvernement français
Le président français Nicolas Sarkozy réunit, ce jeudi matin, le gouvernement pour le Conseil des ministres de rentrée. Le programme est chargé, dans un contexte de crise économique et après la mort de 10 soldats en Afghanistan.

PARIS, 20 août (Reuters) - "Les difficultés, il faut les
affronter avec sang-froid". Cette devise, forgée en des temps
meilleurs, sera le meilleur allié de Nicolas Sarkozy pour cette
rentrée marquée par l'adversité sur les fronts économique et
diplomatique.

 

Conjoncture asthénique, drame en Afghanistan, crise
géorgienne, défiance des Français, préoccupés par l'érosion
continue de leur pouvoir d'achat: le chef de l'Etat réunit jeudi
le premier conseil des ministres de l'acte II du quinquennat
sous de noirs auspices.

 

L'immobilisme frileux serait la pire des réponses aux
circonstances, souligne-t-on à l'Elysée et à Matignon où le mot
d'ordre reste inchangé : tenir bon le cap des réformes "pour
recueillir les premiers souffles d'une croissance qui ne
manquera pas de revenir", selon les termes de François Fillon.

 

"Vous êtes impatients, nous aussi!", clamait - quelque peu
maladroitement ? - la campagne du gouvernement sur le pouvoir
d'achat.

 

Dans l'attente d'une embellie, que les économistes ne
prévoient désormais qu'à l'horizon 2010-2011, l'exécutif doit se
résoudre à un court terme douloureux. Et le dire, soulignent les
analystes, qui mettent en avant l'irénisme des Français,
fatalement rompus à la grisaille sous le contrecoup de la crise
économique mondiale.

 

"Je sais où je vais", aime à répéter Nicolas Sarkozy.

 

La "feuille de route" de rentrée traditionnellement confiée
aux ministres sera de nouveau écrite à l'encre volontariste :
aussi forts que soufflent les vents mauvais, le second semestre
sera celui des réformes de structure pour redonner à la France
la compétitivité qui lui fait défaut et relancer l'activité.

 

François Fillon recevra par ailleurs fin août et début
septembre chacun des ministres pour faire un point d'étape et
fixer les priorités des prochains mois.

 

Il y a un an, Nicolas Sarkozy promettait d'aller "chercher
avec les dents" le point de croissance manquant. Aujourd'hui,
l'exécutif veut parer au spectre de la récession en n'espérant
pas mieux qu'une croissance de 1% sur l'année.

  

UN COUPLE EXECUTIF PLUS EN PHASE

 

"J'entends dire qu'il faut changer de politique économique.
Je vais vous dire qu'il faut surtout faire preuve de
sang-froid", a déclaré lundi François Fillon à l'issue d'une
réunion sur la conjoncture à Matignon, conseil des ministres
avant l'heure.

 

Loi sur l'intéressement et la participation, loi sur le
revenu de solidarité active, loi sur la mise en oeuvre du
Grenelle de l'environnement, loi de programmation militaire, loi
pénitentiaire, loi de programmation pour l'Outre-Mer, loi de
programmation sur la sécurité intérieure, loi sur le logement.

 

Le programme est tel que Nicolas Sarkozy a convoqué le
Parlement le 22 septembre pour une session extraordinaire et
"accélérer" la mise en oeuvre de mesures - prime transport,
prime à la cuve... - susceptibles d'améliorer le pouvoir d'achat
des plus modestes après le "paquet fiscal" de l'été 2007, qui a
considérablement ponctionné les caisses de l'Etat.

 

Lors de la précédente rentrée, la ministre de l'Economie,
Christine Lagarde, avait osé le mot tabou de "rigueur". L'option
est toujours bannie, mais dans les faits, elle s'insinue sous le
couvert d'une "gestion rigoureuse" des dépenses publiques, avec
l'objectif pour l'heure inchangé de ramener le déficit public de
la France à 2% du PIB en 2009.

 

La "rationalisation" sera ainsi au rendez-vous dans
l'Education nationale, où la reprise s'effectuera avec 11.200
postes en moins.

 

Nicolas Sarkozy et François Fillon, dont les cotes
atteignirent jusqu'à 69% et 63% fin août 2007 alors qu'elles
affleurent désormais 40%, ont paradoxalement pour atout
d'affronter ces défis plus unis qu'il y a un an, du moins dans
une répartition des rôles plus conforme à l'esprit de la Ve
République.

 

Les divisions des socialistes, qui souffrent d'un déficit
d'image préoccupant dans l'opinion, et la cohésion retrouvée -
mais toujours fragile - de la majorité devraient leur simplifier
la tâche.

 

Le 21 août 2007, le chef de l'Etat comparait François Fillon
à un "collaborateur" alors que l'entourage elyséen s'ingéniait à
prendre de vitesse et à faire de l'ombre au Premier ministre.

 

Le couple exécutif s'est rééquilibré depuis lors et l'agenda
diplomatique chargé de Nicolas Sarkozy, aux commandes de l'Union
européenne, devrait laisser plus de champ libre à François
Fillon - il est vrai plus souvent en première ligne dès que le
temps tourne à l'orage.

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