27 août 2008 - 12H06

Des révélations sèment le doute sur l'embuscade en Afghanistan
Le Canard enchaîné révèle des informations sur les circonstances de l'embuscade qui a coûté la vie à 10 soldats français. Le journal évoque une trahison. Franck Berruyer, envoyé spécial de FRANCE 24 à Kaboul, nuance ces propos.

Une semaine après les combats qui ont fait dix morts au sein de l’armée française en Afghanistan, de nouveaux faits semblent éclairer les circonstances de l’embuscade qui l'a opposée aux forces talibanes.
  
Le Canard enchaîné est à l'origine de ces révélations, sur l’embuscade du 18 août, qui s’opposent clairement à la version officielle.

"Les insurgés avaient été avertis", affirme le quotidien. La présence d’armement lourd et d’un fort contingent taliban à l’endroit exact du passage des forces françaises suggère fortement qu’une fuite d’information a eu lieu, assure Franck Berruyer, envoyé spécial à Kaboul.
  
"Les insurgés avaient été avertis"

"Des mortiers, qui pèsent plusieurs dizaines de kilos, avaient été installés. Les Taliban ne se promènent pas avec de telles armes, précise-t-il. Quand on les met en place, c’est qu’on sait qu’on en aura besoin."
 
Selon l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné, les soldats auraient été trahis par un interprète afghan disparu deux heures avant l'embuscade.
 
Cette version a été rapportée par des soldats impliqués dans la mission, selon le journal, alors qu’ils se trouvaient à l’hôpital militaire de la base française à Kaboul après l’accrochage.
  
Mais, à Kaboul, les forces françaises assurent que le traducteur afghan a été tué au cours du combat et que son corps a été remis à sa famille.
 
Quatre militaires faits prisonniers et exécutés

Le Canard affirme également que "dès le début de l'embuscade, quatre militaires français ont été faits prisonniers et exécutés par les insurgés".
 
Selon des sources interrogées par FRANCE 24, les quatre soldats auraient bien été exécutés, mais ils n’auraient pas été faits prisonniers. Une information fermement démentie par les forces françaises de l’ISAF, à Kaboul. L'armée ainsi que son ministre de tutelle, Hervé Morin, ont formellement démenti l'exécution des quatre soldats après que ces derniers ont  été faits prisonniers.
  
Jeudi 28 août, le ministre de la Défense, Hervé Morin, sera l’invité de l’émission Politiques sur FRANCE 24, à 9h10.

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