04 Octobre 2008 - 05H33
- ONU

L'ONU demande des renforts face au regain de violences
La force des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc) a besoin de renforts pour mieux faire face à la recrudescence des violences. La situation est "très préoccupante", selon le représentant spécial de l'ONU.

La force de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) a besoin de renforts pour mieux faire face au regain de violence causé par les milices et groupes armés dans le nord-est du pays, a affirmé vendredi son chef, Alan Doss.
  
Dans une conférence de presse, M. Doss, représentant spécial de l'ONU en RDC, a indiqué avoir déposé auprès du Conseil de sécurité "une demande de moyens additionnels, de troupes supplémentaires".
  
Il n'a pas précisé combien d'hommes supplémentaires et quels moyens il avait réclamé, se contentant d'indiquer que la Monuc avait notamment besoin de "davantage de mobilité aérienne".
  
Avec plus de 17.000 soldats, la Monuc est la plus importante force de maintien de la paix de l'ONU, mais elle doit aider les forces gouvernementales à faire régner l'ordre dans une région immense et instable depuis des années, aux confins du Rwanda, de l'Ouganda, du Soudan et même de la République centrafricaine.
  
Selon le responsable onusien, la tension est de nouveau remontée dans les deux Kivu, dans l'Ituri et jusque dans la Province orientale où le groupe rebelle ougandais LRA (Armée de résistance du seigneur) a récemment attaqué des villages et enlevé des enfants.
  
M. Doss a affirmé que la situation était "très, très préoccupante" dans le Nord Kivu, où les combats ont repris entre les forces gouvernementales et la milice du chef tutsi congolais Laurent Nkunda, lequel a lancé un appel au renversement du gouvernement de Kinshasa.
  
Des combats opposent depuis le 28 août le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Nkunda aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans les collines du Nord-Kivu, en violation d'un cessez-le-feu consécutif à l'accord de paix de Goma, signé en janvier 2008.
  
Dans un appel à "toutes les forces vives" du Congo, Nkunda leur a demandé de "se mettre debout contre un gouvernement qui a trahi son peuple". Il a affirmé qu'il porterait sa lutte "jusqu'à la libération du peuple", ayant transformé son groupe en un "mouvement de libération totale de la République".
  
Les combats qui ont repris fin août ont entraîné le déplacement de plus de 100.000 habitants, qui fuient les exactions des groupes armés.
  
Selon M. Doss, l'appel de M. Nkunda est "très troublant car cela implique qu'il cesse de participer aux efforts pour faire avancer le processus de paix et ce n'est pas acceptable".
  
"Il semble dire qu'un effort est en cours pour inverser les résultats d'une élection démocratique que nous avons supervisée et cela serait inacceptable pour les Nations unies et la Monuc", a-t-il insisté.
  
"Nous entrons dans une phase potentiellement très dangereuse, les tensions montent et nous ne voulons pas voir le Congo replonger dans un conflit qui a débordé au-delà des frontières et a impliqué des voisins", a-t-il dit.
  
La guerre civile en RDC a fait près de trois millions de morts de 1998 à 2003.
  

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