07 Octobre 2008 - 15H49
L'armée déployée à Bangkok sur fond de rumeurs de putsch
Conséquence des affrontements sanglants entre les forces de police et les partisans de l'opposition, l'armée thaïlandaise s'est déployée dans les rues de Bangkok. Des rumeurs, démenties par l'armée, font état de la possibilité d'un putsch.
Les militaires thaïlandais se sont déployés mardi à Bangkok sur fond de rumeurs de coup d’Etat dans une tentative de rétablissement de l’ordre après une journée d’affrontements entre la police et les partisans de l’opposition.
Des hommes en uniforme se sont positionnés autour des édifices publics et dans les rues de la capitale. Ils ont été appelés dans l’urgence à patrouiller "sans armes" aux côtés de la police, selon le porte-parole de l’armée, le colonel Sunsern Kaemkumnerd.
Leur déploiement a été décidé par les autorités après un brusque regain de tension dans la matinée de mardi. Quelque 5 000 manifestants s’étaient rassemblés à l’aube devant le siège du Parlement sous la bannière de l’Alliance du peuple pour la démocratie (APD), une coalition d’hommes d'affaires, d'universitaires et d'activistes.
Explosion d'une voiture piégée
Le rassemblement a vite tourné à l’affrontement entre forces de l’ordre et partisans de l’APD. Près de 200 personnes ont été blessées alors qu’une autre a été tuée dans l’explosion d’une voiture piégée.
"De nouveaux combats très violents ont eu lieu dans l’enceinte du quartier général de la police où des manifestants s’en sont pris aux policiers", témoigne Cyril Payen, correspondant de FRANCE 24 en Thaïlande.
Dans un pays à l’histoire institutionnelle jalonnée de coups de force, le déploiement des militaires dans les rues de Bangkok a nourri bien des spéculations. Des rumeurs de putsch avaient circulé avant d’être démenties par le porte-parole de l’armée.
En 2006, la Thaïlande avait été secouée par un coup d’Etat militaire sans effusion de sang qui avait précipité la chute du Premier ministre Thaksin Shinawatra.
Amendement proposé par le Parti du pouvoir du peuple
Portés par l’APD, les opposants ont lancé un ultimatum au tout nouveau Premier ministre Somchai Wongsawat, le pressant de présenter sa démission. Ce bras de fer a finalement emporté le vice-premier ministre Chavalit Yongchaiyudh. Chargé de la médiation avec les manifestants, ce dernier a été contraint à la démission, victime de son échec avec les manifestants.
Les offensives de la police contre les manifestants ont été très critiquées à travers le pays. "Le gouvernement a franchi la frontière de la décence en ignorant des méthodes pacifiques", a déclaré au quotidien thaïlandais "Bangkok Post" Somchai Homaor, juriste et avocat des droits de l’Homme.
Les dirigeants de la PAD protestent contre un amendement proposé par le Parti du pouvoir du peuple (PPP, au pouvoir ). Selon l’opposition, ce changement est destiné à protéger l’ancien Premier ministre Thaskin de poursuites pour corruption.
Thaskin Shinawatra, dont le Premier ministre actuel n’est autre que son beau-frère, compte nombre d’alliés au sein du parti au pouvoir.













