Le représentant de la République démocratique du Congo (RDC) aux Nations Unies a demandé au Conseil de sécurité de tout faire pour empêcher une attaque "imminente" de forces rwandaises sur la ville frontalière de Goma, où s'affrontent depuis la fin août des forces rebelles et gouvernementales.
Atoki Ileka a affirmé à l'AFP que les autorités congolaises ont "observé une concentration de soldats rwandais dans la ville rwandaise de Gisenyi". Des mouvements de troupes qui laisseraient penser qu'une attaque sur la ville de Goma, située de l'autre côté de la frontière, serait imminente. Kigali a nié ces accusations.
La ville de Goma est au cœur d'un conflit qui oppose la rébellion menée par Laurent Nkunda aux forces gouvernementales. Les rebelles se sont emparés d'un camp militaire dans l'est de la RDC, où plusieurs localités étaient, mercredi, le théâtre d'intenses combats, a-t-on appris de sources concordantes.
Des combats opposent régulièrement depuis le 28 août l'armée congolaise à la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), en violation d'un cessez-le-feu consécutif à l'accord de paix de Goma, signé par les différentes parties au conflit en janvier 2008.
Le porte-parole du CNDP, Bertrand Bisimwa, a affirmé mercredi à l'AFP que "le camp militaire de Rumangabo" venait de "tomber entre les mains du CNDP avec tout l'armement qui y était entreposé".
Plusieurs sources militaires congolaises sous couvert de l'anonymat ont confirmé à l'AFP cette information.
"Les affrontements se poursuivent autour de Rumangabo", un centre de formation des Forces armées de RDC (FARDC), situé à environ 50 km au nord de Goma, la capitale de la province congolaise du Nord-Kivu, a affirmé de son côté à l'AFP le commandant des opérations de l'armée au Nord-Kivu, le général Marcellin Lukama.
Des affrontements ont aussi été signalés depuis lundi dans d'autres localités du Nord-Kivu, dont Mulimbi, Kibarizo, Kabizo et Butare, situées au nord-ouest de Goma, a rapporté mercredi la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) lors d'une conférence de presse à Kinshasa.
Citant les responsables des FARDC à Goma, le porte-parole militaire de la Monuc à Kinshasa, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, a rapporté que "16 combattants (rebelles) (...) auraient été tués" au cours de combats qui "ont duré presque toute la journée de lundi".
Les FARDC, jointes par l'AFP, ont parlé d'une soixantaine de tués parmi les rebelles depuis lundi, mais n'ont pas donné de bilan dans leurs rangs. De son côté, le CNDP a refusé d'avancer un bilan humain.
Selon un porte-parole de Médecins sans frontières (MSF) dans la zone, une cinquantaine de blessés ont été accueillis à l'hôpital de Rutshuru, au nord de Goma. Il n'a pas précisé leur identité.
Dimanche, le gouvernement de Kinshasa avait accusé le Rwanda de soutenir le CNDP, dont le chef Laurent Nkunda avait appelé, début octobre, tous les Congolais "à se mettre debout" pour renverser le gouvernement de Kinshasa. Laurent Nkunda, général congolais déchu, appartient à la communauté tutsi, qui domine le pouvoir au Rwanda, voisin de la RDC.













