Vingt-trois assassinats ont été attribués aux cartels du crime lundi et mardi dans le nord du Mexique à la frontière des Etats-Unis, dont le gouvernement conseille à ses ressortissants de redoubler de prudence.
Douze morts ont été comptés dans l'Etat de Basse Californie, dont la plupart à Tijuana, frontalière de San Diego en Californie, et onze dans l'Etat de Chihuahua, où Ciudad Juarez est considérée comme la ville la plus dangereuse du Mexique, en face d'El Paso au Texas.
"Des niveaux croissants de violence imposent impérativement aux voyageurs de comprendre les risques qu'il y a à se rendre au Mexique", indique mardi la dernière édition de "l'alerte aux voyages" semestrielle du département d'Etat à Washington.
Les cartels mexicains de la drogue se livrent une guerre sanglante dans cette zone frontalière pour le contrôle du trafic vers les Etats-Unis, principal client de la production mondiale de cocaïne, 950 tonnes par an issues exclusivement d'Amérique latine. L'Etat de Chihuahua est actuellement le champ de bataille entre le cartel dit de Sinaloa, dirigé par le fugitif Joaquin "Chapo" Guzman, en "cavale" depuis 2001, et celui de Juarez, mené par la famille Carrillo Fuentes.
Cette guerre des cartels, étendue à l'ensemble du pays, a fait plus de 3.000 morts depuis le début de 2008, dont plus de 1.000 dans la seule ville de Ciudad Juarez, à la frontière face à El Paso, au Texas.
Parmi les onze morts de lundi, un ancien commandant de la police de Ciudad Juarez, un homme de 52 ans qui est sorti de sa voiture face à ses tueurs, pour éviter qu'ils tirent aussi sur sa famille, à l'intérieur du véhicule, a expliqué mardi le porte-parole du bureau du procureur, Alejandro Pariente.
"La situation à Ciudad Juarez est particulièrement préoccupante", souligne le rapport américain, citant "une série récente d'agressions près du consulat général américain" dans cette ville contre "des demandeurs de visas pour les Etats-Unis". De plus en plus d'habitants de la région cherchent à fuir la violence.
Des ressortissants américains ont été attaqués ou poursuivis dans les zones frontalières par des bandits portant parfois l'uniforme, total ou partiel, de la police ou de l'armée mexicaines, indique encore le rapport.
A Monterrey, plus à l'est mais toujours près de la frontière avec le Texas, le consulat américain a été la cible de deux inconnus dans la nuit de samedi à dimanche: l'un a tiré plusieurs coups de feu contre la façade, l'autre a lancé une grenade, qui n'a pas explosé.
Jamais encore une telle attaque n'avait été commise contre un bâtiment officiel des Etats-Unis au Mexique, indique-t-on de source diplomatique américaine, en exprimant des soupçons envers les cartels.













