15 Octobre 2008 - 10H03
- Football - Nicolas Sarkozy

Tollé après la Marseillaise sifflée au Stade de France
Au lendemain des sifflets qui ont accompagné l'hymne national français lors du match France-Tunisie, la ministre des Sports, Roselyne Bachelot, annonce que tout match avant lequel la Marseillaise serait sifflée sera "immédiatement arrêté".
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A lire aussi sur le site des Observateurs de FRANCE 24: le témoignage d'un spectateur présent au Stade de France.

 

Et notre article: "Grand bruit autour des sifflets pendant la Marseillaise"

 

Tout match avant lequel la Marseillaise serait sifflée sera "immédiatement arrêté", a annoncé la ministre des Sports Roselyne Bachelot, à l’issue de la réunion d’urgence avec le président Sarkozy et le président de la fédération française de football (FFF) Jean-Pierre Escalettes. Suite aux sifflets du public pendant l’hymne national français lors du match amical France-Tunisie mardi soir au Stade de France, le gouvernement a choisi d’appliquer la "tolérance zéro".

Trois mesures-phares se sont dégagées de cette réunion : "Tout match, où notre hymne national sera sifflé, sera immédiatement arrêté", a déclaré Roselyne Bachelot. "Les membres du gouvernement quitteront immédiatement l'enceinte sportive où notre hymne national a été sifflé.".

Suspension des rencontres

 

Et de poursuivre : "Tous les matchs amicaux avec le pays concerné seront suspendus pendant un délai qui restera à fixer par le président de la FFF."

De son côté, Escalettes a affirmé que "toutes les mesures avaient été prises mais contre l'imbécilité de 50 000 personnes qui viennent siffler nos joueurs, notre équipe nationale, sur notre terrain, il y a quelque chose d'absolument insupportable".

Il a assuré après la rencontre que "les joueurs ont été traumatisés". Il a toutefois relevé qu'annuler des matchs avec des dizaines de milliers de spectateurs nécessiterait des "garanties sécuritaires". "Le président a dit: ‘l'Etat assumera’", a-t-il souligné.

 
Alliot-Marie demande l’ouverture d’une enquête

Pour sa part, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a demandé au préfet de Seine-Saint-Denis de saisir la justice des délits "d'outrages à l'hymne national". L'enquête pourra s'appuyer sur les images filmées au cours de la rencontre, grâce à des caméras professionnelles. Les interpellations qui en résulteront déboucheront sur des interdictions administratives de stade.

Cette série de mesures vise à mettre un terme à cette tempête politique qui s’est abattue depuis la fin de la rencontre. L'UMP et le PS ont condamné dès mardi soir les incidents au Stade de France. Le Premier ministre François Fillon a été le premier ce matin à évoquer l’idée d’interrompre les matchs dans ces conditions.
   
Laporte propose de délocaliser les matchs

 

Le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte est allé plus loin, proposant de délocaliser les matchs de la France avec l’Algérie, le Maroc ou la Tunisie ailleurs qu’au Stade de France. "On joue en province dans des stades beaucoup moins grands et dont l'ambiance est beaucoup plus chaleureuse", a-t-il ajouté.

La secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara a indiqué qu'elle n'était "pas d'accord" avec cette proposition. "Au contraire, il faut gagner le terrain, reconquérir ces territoires et faire reculer la violence", a-t-elle estimé. Le secrétaire national du Parti socialiste, François Hollande, a pour sa part déploré  : "Ces propos sont absurdes et affligeants. Il doit s'excuser."

 
L’équipe de France de football a déjà connu ce genre d’incidents, en novembre 2007 lors du France-Maroc, et en octobre 2001 lors du France-Algérie. En mai 2002, les sifflets avaient aussi été franco-français, lors du coup d’envoi de la finale de la Coupe de France entre Lorient et Bastia. Le président Jacques Chirac avait alors quitté momentanément la tribune officielle du Stade de France.

   
 

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