L'économie, préoccupation numéro un des électeurs américains, a naturellement été le premier sujet abordé par les deux candidats, réunis autour d'une table à l'université Hofstra de Hempstead dans la banlieue de de New York (nord-est) pour un débat prévu pour durer 90 minutes.
Les deux candidats sont tombés d'accord pour estimer que le plan de sauvetage de 700 milliards de dollars pour sauver les institutions financières n'était pas suffisant pour régler la crise. "Nous devons nous occuper d'abord des propriétaires", a dit M. McCain mettant en avant la situation de "Joe le plombier", figure de l'Américain moyen, victime innocente de la cupidité de Wall Street.
Le sénateur de l'Illinois a mis l'accent sur l'emploi estimant qu'un plan de sauvetage de la classe moyenne était encore à venir.
Accusant son adversaire républicain de vouloir poursuivre la même politique que l'impopulaire président George W. Bush, il s'est attiré cette sèche réplique de M. McCain: "sénateur Obama, je ne ne suis pas le président Bush. Si vous vouliez vous présenter contre le président Bush il fallait le faire il y a quatre ans".
Quitte ou double pour McCain
Dans la dernière ligne droite avant le dernier débat, des sondages semblaient discréditer la stratégie suivie par McCain ces dernières semaines : des attaques acerbes et personnelles à l’encontre de son concurrent Barack Obama.
D’après un sondage réalisé par le New York Times et CBS et publié mercredi, 6 électeurs sur 10 estiment que le sénateur de l'Arizona passe plus de temps à critiquer son adversaire qu'à expliquer son programme (un sondage réalisé du 10 au 13 octobre auprès de 1070 personnes, avec une marge d’erreur estimée à plus ou moins 3%).
A l'inverse, 63% des électeurs estiment que le candidat démocrate consacre l'essentiel de son temps à parler de son programme.
La colistière de John McCain, Sarah Palin, avait à de nombreuses reprises dénoncé les liens entre Obama et l'ancien militant d'extrême gauche William Ayers, accusé par le camp républicain d'être un "terroriste".
Mais cette tactique s'avère contre-productive, en attestent les dernières intentions de vote : Barack Obama est crédité de quatorze points d'avance sur son adversaire républicain John McCain, selon le même sondage du New York Times.
Alors que les Américains nourrissent de fortes inquiétudes vis-à-vis de la crise financière, le sondage montre aussi que les électeurs font endosser à l’actuelle administration républicaine la responsabilité des difficultés économiques du pays.
Mardi, à la veille du débat, John McCain a dévoilé une série de mesures destinées à redresser l’économie américaine, notamment un allègement d’impôts d’un montant de 52 milliards de dollars destiné aux retraités et aux épargnants.
Dans le camp républicain, Barack Obama a proposé un plan en quatre étapes pour créer des emplois et amortir l’impact de la crise.
La courbe du Dow Jones disait à elle seule mercredi le défi qui attend le prochain président américain, plongeant de 741 points, soit -7.96%.













