17 Octobre 2008 - 01H06
- Chiites - France - Liban

Le français entre les mains des chiites
Au Liban, les chrétiens sont, historiquement, francophones. Mais c'est sur les chiites, bien plus nombreux, que repose désormais l’avenir du français. Reportage chez les nouveaux francophiles du pays du Cèdre.

Dans la ville de Nabatiyeh, ville du sud-est du Liban qui compte 100 000 habitants, il y a le Hezbollah chiite et la langue française.

 

Une tradition ici. Tradition renforcée par l’arrivée des migrants venus d’Afrique de l’Ouest.

 

Mahmoud Daher est chiite. Il est né à Abidjan. Il vit avec sa famille dans un immeuble du centre-ville. Le matin, comme tous les jours avant que ses enfants aillent à l’école, c’est le même rituel : La Marseillaise d’abord et café ensuite.

 

Selon lui, Hezbollah, qu’on appelle ici la "Résistance" et francophonie ne sont pas antagonistes : "La ‘résistance’, premièrement, c’est une résistance culturelle et éducative. Sans éducation, sans culture, vous ne pouvez pas résister et lutter contre les agressions, qui menacent l’avenir de nos enfants."

 

Le maire de la ville, Mustapha Badredine, élu proche du Hezbollah, a fait ses études de médecine à Montpellier, dans le sud de la France. Si ses administrés parlent français c’est surtout pour des raisons historiques. "Ce n’est pas parce que les Anglais, les Américains, sont les ennemis qu’on ne veut pas apprendre leur langue. On va apprendre leur langue. Mais on trouve, dans la langue française, autre chose", explique-t-il. Autre chose...

 

Le français est avant tout un billet de sortie du petit Liban enclavé entre Israël et Syrie. Haya, la fille de Mahmoud, l’a bien compris : "Pour moi, le français c’est très important. Cela permet d’être en contact avec le monde en dehors, et même en dehors de l’école, il y a beaucoup de gens qui parlent français."

 

Haya, sans qu’elle en soit consciente, symbolise un renouveau francophone au pays du Cèdre. Les chiites sont beaucoup plus nombreux que les chrétiens, traditionnellement francophones. Et c’est sur eux, désormais, que repose pour une bonne part l’avenir du français au Liban.

 

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