Les dirigeants croates se sont félicités mardi de la décision de la Cour internationale de justice (CIJ) de se déclarer compétente pour juger une plainte de la Croatie qui accuse la Serbie de génocide pendant la guerre de 1991-1995.
"Cette décision était attendue, compte tenu de tout ce qui s'est passé" pendant le conflit, a déclaré à la presse le président croate Stipe Mesic, qui participait aux cérémonies marquant le 17e anniversaire de la prise de Vukovar (est) par les forces yougoslaves et serbes, au début de la guerre.
"Nous avons appris cette nouvelle à Vukovar. C'est symbolique, car on se souvient justement aujourd'hui des victimes de Vukovar", a ajouté M. Mesic, cité par l'agence de presse croate Hina.
Dans la journée, la CIJ a annoncé à La Haye qu'elle allait se pencher sur la plainte que la Croatie avait portée en 1999 devant cette Cour, accusant les autorités de Belgrade de violations de la convention de 1948 sur la prévention et la répression du génocide durant la guerre de Croatie, qui fit 20.000 morts.
Le Premier ministre croate Ivo Sanader, également à Vukovar, a déclaré qu'"il est temps que la Serbie affronte le passé".
Les crimes commis à Vukovar, qui fut un des plus sanglants épisodes de la guerre de Croatie, figurent dans l'inculpation de Zagreb.
L'arrêt de la CIJ ne préjuge en rien de sa décision sur le fond, mais il ouvre la voie au second procès pour génocide devant la Cour, après un autre que la Bosnie avait intenté contre la Serbie.
La proclamation par la Croatie de son indépendance de la Yougoslavie, en 1991, a été suivie d'une guerre entre les forces de Zagreb et des sécessionnistes serbes appuyés par l'armée fédérale yougoslave.













