06 mars 2008 - 04H33

Correa veut une condamnation claire de la Colombie
Le président équatorien a interpellé mercredi la communauté internationale à la suite du raid militaire colombien sur son territoire. Ecoutez notre envoyé spécial à Caracas, Cyril Vanier.

Le président équatorien Rafael Correa a réclamé mercredi à la communauté internationale une "condamnation claire" de la Colombie, à la suite du raid militaire mené sur son territoire contre la guérilla des Farc.
   
"L'Equateur ne restera pas tranquille tant que la communauté internationale n'aura pas apporté une condamnation claire de l'agresseur colombien", a averti M. Correa, à l'issue d'une rencontre avec son allié vénézuélien Hugo Chavez, au palais présidentiel à Caracas.
   
"S'il n'y a pas cette condamnation, l'Equateur saura faire respecter sa souveraineté", a-t-il ajouté, en se déclarant de nouveau prêt à "aller jusqu'aux ultimes conséquences", lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Chavez.
   
Le dirigeant équatorien s'est aussi déclaré favorable à l'envoi d'une mission de l'OEA dans la région, avant la réunion des ministres des Affaires étrangère des Amériques le 17 mars à Washington.
   
"Nous sommes en train d'utiliser tous les moyens diplomatiques, tous les moyens pacifiques et les mécanismes internationaux afin de trouver une solution à ce conflit", a-t-il assuré.
   
De son côté, le président vénézuélien, chef de file de la gauche anti-américaine, a assuré l'Equateur de son "soutien inconditionnel en toute circonstance", qualifiant son homologue colombien Alvaro Uribe de "criminel de guerre".
   
"Nous aussi souhaitons la paix, mais nous ne pouvons accepter sous aucun prétexte que le gouvernement de Colombie utilise le territoire équatorien pour implanter la doctrine impérialiste" des Etats-Unis, a lancé M. Chavez, qui participait à cette conférence de presse.
   
Les deux dirigeants ont également réfuté les liens avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), dont les accusent les autorités colombiennes.
   
M. Correa, qui affirme de son côté qu'il négociait avec les rebelles colombien une libération de leurs otages, a dénoncé les "mensonges" du gouvernement de Bogota.
   
L'élimination du numéro 2 des Farc et d'une vingtaine de guérilleros, lors du raid colombien mené samedi de l'autre côté de la frontière avec l'Equateur, suscite depuis une grave crise dans la région.
   
L'Equateur a rompu ses relations diplomatiques avec la Colombie et le Venezuela a déployé 6.000 soldats à la frontière de son voisin, après avoir expulsé l'ambassadeur colombien à Caracas.
 

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