Des organisations humanitaires britanniques ont affirmé jeudi que la situation vécue par les Palestiniens de la bande de Gaza était la pire depuis 1967 et appelé l'Union européenne à discuter avec le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle ce territoire.
Elles ont par ailleurs appelé à la fin du blocus du territoire, imposé le 17 janvier par Israël.
"La situation des 1,5 million de Palestiniens de la bande de Gaza est la pire depuis le début de l'occupation militaire israélienne de 1967", indiquent dans un rapport huit organisations non gouvernementales britanniques, dont Amnesty international GB et Oxfam.
Elles appellent également à des négociations avec le Hamas, le mouvement qui a pris par la force en juin 2007 la bande de Gaza, d'où il en a expulsé les forces fidèles au président Mahmoud Abbas. L'Union européenne, les Etats-Unis et Israël considèrent ce mouvement comme une "organisation terroriste".
"La politique internationale d'isolement du Hamas n'a débouché sur rien de positif", indiquent les ONG.
"Nous exhortons le gouvernement du Royaume-Uni et l'UE (...) à amorcer un dialogue politique avec toutes les parties palestiniennes", écrivent-elles.
Le rapport affirme que le blocus, visant à forcer les activistes à arrêter leurs tirs de roquettes contre Israël, n'est pas parvenu à apporter la sécurité aux Israéliens ni aux Palestiniens.
"La politique de blocus est inacceptable, illégale", clame le rapport.
"Nous demandons au Royaume-Uni et à l'UE de condamner vivement la poursuite du blocus de Gaza et l'utilisation, par le gouvernement israélien, d'une punition collective, ainsi que les violations du droit humanitaire international" qui en résultent, indique encore le rapport.
Les organisations dressent un portrait noir de la situation dans ce territoire populeux, affirmant que 80% de sa population est dépendante d'une aide alimentaire et 40% au chômage.
Selon elles, les équipements cruciaux pour la vie des patients des hôpitaux ne peuvent plus fonctionner, faute de pouvoir importer des pièces détachées. En outre, l'effondrement des infrastructures clés a conduit à l'évacuation quotidienne de quelque 50 millions de tonnes d'eaux usées dans la Méditerranée.
"A moins de la fin du blocus maintenant, il sera impossible d'éviter que Gaza ne bascule dans une catastrophe, et tous les espoirs de paix dans la région seront anéantis", a estimé Geoffrey Dennis, un des responsables de Care International UK.
Outre le blocus, la situation s'est aggravée avec les violences qui ont éclaté le 27 février, lorsque Israël a mené des opérations meurtrières dans la bande de Gaza, pour stopper les tirs de roquettes palestiniennes.
Depuis cette date, les attaques israéliennes ont fait au moins 125 morts, dont des femmes et des enfants. Le 27 février, une roquette palestinienne avait tué un civil dans le sud d'Israël.
Les ONG, qui exhortent Londres à "exercer une plus grande pression sur le gouvernement israélien", appellent à la fin des tirs de roquettes "sans distinction", ainsi qu'à la réponse "disproportionnée" d'Israël.
Elles appellent en outre la communauté internationale à faciliter un dialogue entre le Hamas et le mouvement rival Fatah, dont l'autorité est aujourd'hui cantonnée à la Cisjordanie.














