La presse espagnole était unanime samedi en affirmant que l'organisation séparatiste armée ETA, à qui est attribué l'assassinat vendredi d'un ex-élu local, veut chambouler les élections législatives de dimanche.
"De nouveau le terrorisme dynamite la campagne et conditionne les élections" selon la Une du quotidien de droite El Mundo.
Le journal de gauche Publico titre: "Des balles contre des votes", tandis que le conservateur ABC affirme qu'"ETA +vote+ d'un tir dans la nuque et la terreur recommence à marquer les élections".
Vendredi en début d'après-midi, Isaias Carrasco, ancien conseiller municipal de Mondragon (nord), a été abattu près de son domicile dans la petite ville basque. L'assassinat, non revendiqué, a été attribué à l'ETA. Les partis politiques ont mis un terme abrupt à leur campagne électorale.
Plusieurs journaux font un parallèle entre cet attentat et ceux du 11 mars 2004, lorsque des bombes posées par des islamistes dans des trains de banlieue à Madrid avaient tué 191 personnes à trois jours des précédentes élections législatives.
"Comme quatre ans auparavant, le rendez-vous aux urnes est souillé de sang par l'action vile du terrorisme, cette fois-ci de la main d'un lâche pistoléro de l'ETA", écrit El Pais dans son éditorial.
"ETA cherche son 11 mars", selon le journal catalan La Vanguardia (centre-droit), en référence aux attentats de 2004, qui avaient changé la donne du scrutin en portant au pouvoir à la surprise générale le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero.
Plusieurs journaux publient une photo prise à l'instant où M. Zapatero apprend l'assassinat lors d'un meeting électoral à Malaga (sud). "José Luis, tu dois sortir rapidement, ils ont abattu un élu socialiste, nous ne savons rien de plus", sont les mots glissés à l'oreille de M. Zapatero, visage fermé et regard vague, par le président socialiste de la région Andalousie.
Des journaux lancent aussi un appel civique au vote, relayant le message de tous les partis politiques représentatifs et des syndicats.
"Des votes pour défaire ETA" demande ABC dans son éditorial. "Face à l'ETA, participation massive", réclame le journal catalan de gauche El Periodico.
Samedi est une journée de réflexion pour les 35 millions d'électeurs espagnols qui pourront voter dimanche, soit pour reconduire M. Zapatero, soit donner le pouvoir au conservateur de droite du Parti populaire (PP) Mariano Rajoy.















