16 mars 2008 - 17H09
- Environnement

La fracture Nord-Sud en exergue
La réunion des 20 pays les plus polluants de la planète terminée dimanche au Japon a souligné la fracture Nord-Sud face au réchauffement climatique avant de nouvelles négociations sur l'après-Kyoto.

La réunion des 20 pays les plus polluants de la planète clos dimanche au Japon a souligné la fracture Nord-Sud face au réchauffement climatique, à quelques jours du lancement des négociations sur l'après-protocole de Kyoto.

Les représentants des pays du "G20", réunis deux jours à Makuhari (région de Tokyo), ont réaffirmé le principe d'une "responsabilité commune mais différenciée pour négocier le prochain accord à appliquer à partir de 2013", s'est félicité Ichiro Kamoshita, le ministre de l'environnement japonais, hôte du forum.

Mais il a reconnu une "diversité de positions parmi les pays développés, les pays émergents et les pays en développement", lors d'une conférence de presse à l'issue des débats.

Fin mars s'ouvre à Bangkok une négociation visant à instaurer de nouvelles règles pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Sous l'égide de l'ONU, elle doit aboutir fin 2009, selon le plan fixé à la conférence de Bali (Indonésie) en décembre.

L'objectif: trouver un successeur au protocole de Kyoto qui a imposé aux pays industrialisés des réductions d'émissions entre 1990 et la période 2008-2012.

La réunion en terre japonaise a permis une prise de contact avant ces discussions épineuses, et avant le sommet du G8 en juillet à Hokkaido (nord), que la présidence japonaise veut consacrer, entre autres, au réchauffement climatique.

Les discussions du G20 "sont très utiles, ce sont les premières depuis la réunion de Bali", s'est réjoui Halldor Thorgeirsson, directeur du projet "feuille de route de Bali" à l'ONU.

Ce G20 a associé, outre les grands pays industrialisés du G8 - Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada et Russie -, d'autres pays développés et les pays émergents (Chine, Inde, Brésil, etc.), totalisant 80% de l'ensemble des émissions mondiales.

Un regroupement très hétérogène dont les pays les plus pauvres ont mis en question le principe.

L'Afrique du Sud n'a ainsi pas apprécié la notion de "20 principaux pollueurs" associée au forum, au vu de l'écart séparant les pays du Nord et du Sud.

Et le représentant indien a refusé que son pays soit considéré comme "grand pollueur", soulignant que l'Inde produisait une tonne d'émissions de gaz à effet de serre par an et par habitant, contre 20 aux Etats-Unis.

Ouvrant les débats samedi, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair avait pourtant souligné que des efforts devraient être faits tant du côté des pays riches, dont les émissions "devront s'approcher de zéro", que des pays pauvres, dont les gaz à effet de serre "devront à terme, baisser au fur et à mesure de leur industrialisation".

M. Blair était venu au Japon en tant chef d'un "groupe d'experts internationaux" destiné à favoriser l'élaboration d'un compromis international sur le sujet.

Si les uns et les autres ont finalement trouvé un terme de compromis, une reprise de la querelle Nord-Sud ferait peser des risques sur la négociation de l'après-Kyoto.

Pour justifier son refus de ratifier ce protocole, l'administration Bush avait ainsi donné comme prétexte l'absence de contraintes de réduction d'émissions pour la Chine et l'Inde.

A Bali, les Etats-Unis, réticents à toute contrainte pays par pays, s'étaient affrontés avec l'Union Européenne qui promeut cette idée.

Le Japon qui partageait la position américaine a semblé poursuivre sur la même voie, en défendant pendant le week-end l'idée d'une approche "sectorielle" par branches industrielles, sans recueillir l'approbation des pays en développement.

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